Le National Institute of Mental Health (NIMH) américain réoriente ses recherches en se distançant du DSM, le Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders, dont la cinquième édition sera lancée par l'American Psychiatric Association le 22 mai, explique son directeur, Thomas Insel, dans un billet publié le 29 avril..

Le but de la nouvelle édition, comme toutes les précédentes, est de fournir un langage commun pour décrire la psychopathologie, précise-t-il. La force de chacune des éditions du DSM a été la fiabilité, c'est-à-dire qu'elles ont permis que les cliniciens utilisent les mêmes termes dans le même sens. Mais leur faiblesse est leur manque de validité (c'est-à-dire de correspondance avec les phénomènes réels).

Les diagnostics du DSM sont basés sur un consensus concernant des ensemble de symptômes cliniques et ils ne reposent sur aucune mesure de laboratoire objective, souligne-t-il. Dans le reste de la médecine, cela équivaudrait à créer des systèmes de diagnostics basés sur la nature de la douleur à la poitrine ou de la qualité de la fièvre, par exemples, illustre-t-il. "Le diagnostic basé sur les symptômes, autrefois courant dans d'autres domaines de la médecine, a été largement remplacé dans le dernier demi-siècle alors que nous avons compris que les symptômes seuls indiquent rarement le meilleur choix de traitement", dit-il.

Le NIMH a lancé le projet Research Domain Criteria pour intégrer la génétique, l'imagerie, la science cognitive, et d'autres niveaux d'information afin de jeter les bases d'un nouveau système de classification.

Une approche diagnostique basée sur la biologie ainsi que les symptômes ne doit pas être entravée par les catégories actuelles du DSM, explique-t-il.

Il est trop tôt pour concevoir un système basé sur des biomarqueurs ou la performance cognitive parce les données sont encore insuffisantes. En ce sens, le projet est un cadre pour recueillir les données nécessaires pour une nouvelle nosologie (critères de classification des maladies), précise-t-il.

"Mais il est essentiel de réaliser que nous ne pouvons pas réussir si nous utilisons les catégories du DSM comme référence", dit-il. Le système de diagnostic doit être basé sur les données de recherche émergentes, et non sur les catégories actuelles basées sur les symptômes tel que cela se fait depuis des décennies, quand un biomarqueur est rejeté parce qu'il ne détecte pas une catégorie du DSM.

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