Qu'ont en commun Socrate, Jésus, Jeanne d'Arc, Beethoven, Freud et Charles Dickens? Tous disaient avoir entendu des voix qui les ont guidés ou inspirés, rapporte un communiqué de l'Université Laval.

Dans son mémoire de maîtrise en service social, Sophie Grégoire a voulu savoir comment des personnes aux prises avec des hallucinations auditives arrivent à s'adapter à ces voix dérangeantes.

Dans cette étude, dirigée par la professeur Myreille St-Onge, elle a interrogé 7 hommes et 1 femme, âgés de 25 à 49 ans, atteints de schizophrénie et prenant des médicaments pour traiter cette maladie.

"Ceux qui présentaient une meilleure adaptation aux voix entretenaient davantage de relations avec les autres, avaient une occupation à temps plein, s'adonnaient à des loisirs et s'investissaient dans des projets stimulants", souligne-t-elle. "Mais surtout, ils parvenaient à prendre des décisions en fonction de leurs propres valeurs, sans trop se laisser influencer par le contenu de leurs voix."

On trouve un exemple de cette résilience dans le film Un homme d'exception (A Beautiful Mind) de Ron Howard, sorti en 2001 et adapté de la biographie de John Forbes Nash, mathématicien américain célèbre et prix Nobel d'économie 1994. Le professeur Nash entendait des voix. Quand il choisissait de les ignorer, les voix se faisaient moins insistantes.

Les participants à l'étude ont dit utiliser une stratégie similaire. Ils entendent des voix, mais ils savent qu'elles ne sont pas réelles. "En prenant du recul par rapport à ces voix, celles-ci vont avoir moins d'emprise et devenir moins intrusives. Mais cela reste un défi qui n'est pas toujours facile à relever." Des habitudes de vie saines de même qu'un suivi médical et psychosocial comptaient également parmi les moyens rapportés par les répondants.

Entendre des voix peut causer une très grande détresse, leur contenu étant négatif la plupart du temps. Les hallucinations auditives incitent souvent les personnes affectées à éviter certaines situations, comme de se trouver dans un lieu public.

Psychomédia avec source: Université Laval.
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