Mammographie pour le dépistage du cancer du sein: des femmes hésitent

La campagne de la Société canadienne du cancer (SCC) Une pensée pour elles pour inciter les femmes passer une mammographie de dépistage de cancer du sein bat son plein en ce mois de sensibilisation. L'humoriste Lise Dion, porte-parole de la campagne pour une troisième année consécutive, participait dimanche à un brunch à Québec en présence d’environ 60 femmes.

De nombreuses femmes de 50 ans et plus refusent encore de passer une mammographie, soulignait-elle. Les principales raisons: la peur que l’examen soit douloureux ou celle d’apprendre qu’elles ont un cancer du sein. Ce sont aussi les raisons que mentionne la SCC sur son site Internet.

Il serait intéressant que soient discutées d'autres raisons qu'ont ou pourraient avoir certaines femmes d'estimer qu'il peut être légitime de ne pas passer le test.

Des études ont alimenté ces dernières années une controverse concernant les programmes de dépistage de cancer du sein par mammographie.

  • Ces programmes auraient très peu d'impact sur la mortalité, selon une étude européenne publiée en juillet dernier dans le British Medical Journal. Cette étude comparait les taux de prévalence de cancer du sein dans trois paires de pays ayant des systèmes de santé comparables mais offrant ou non un programme de dépistage.

  • Les objectifs des campagnes de sensibilisation n'ont pas suivi les avancements de la recherche sur le cancer du sein, considère le Dr. H. Gilbert Welch dont les propos étaient rapportés par le Los Angeles Times en octobre 2010. Parce qu'il n'est actuellement pas possible d'évaluer quelles tumeurs sont bénignes ou dangereuses, expliquait-il, toutes sont traitées comme si elles étaient dangereuses. Or, précisait-il, les mammographies et l'auto-examen sont plus aptes à trouver les cancers indolents (des tumeurs qui ne causeraient jamais de problème). Un article publié en septembre 2010 dans le New England Journal of Medicine estimait que pour chaque vie sauvée par une mammographie de dépistage, 5 à 15 autres femmes sont inutilement diagnostiquées et traitées.

  • Dans son livre No Mammo ?, paru la semaine dernière en France, Rachel Campergue déplore que les femmes ne reçoivent pas toute l'information pertinente pour prendre une décision éclairée. Non pas qu'elle soit d'avis que les femmes ne devraient passer de mammographie, mais elle appelle à ce qu'elles reçoivent les informations disponibles pour pouvoir faire leur choix en connaissance de cause.