« Comment les virus à l'origine d'infections chroniques, telles que le VIH ou le virus de l'hépatite C, parviennent-ils à déjouer le système immunitaire de leur hôte ? »

Des chercheurs de l'Université McGill, dont les travaux sont publiés dans la revue Immunity, ont découvert un mécanisme moléculaire qui « pourrait être la pièce maîtresse de ce puzzle ».

Cette découverte pourrait donner lieu à l'établissement de nouvelles cibles dans le traitement de nombreuses maladies, soulignent les chercheurs.

Pour combattre l'infection, l'organisme doit être en mesure de détecter rapidement les cellules infectées, puis de les détruire, une fonction assurée par une classe de cellules immunitaires, les lymphocytes T CD8+ (aussi appelés lymphocytes T cytotoxiques ou cellules tueuses). Ces cellules reçoivent leurs instructions des cytokines, des substances chimiques qui les rendent plus ou moins sensibles aux menaces extérieures. Dans la plupart des cas, les lymphocytes T CD8+ détruisent rapidement les cellules infectées, coupant ainsi court à l'infection.

Dans le cas d'une infection virale chronique, les lymphocytes T CD8 reçoivent de « mauvais ordres », ce qui les rend moins réactifs, explique Martin Richer, professeur adjoint au Département de microbiologie et d'immunologie.

La recherche menée à son laboratoire par Logan Smith cherchait à comprendre la cause de ces mauvais ordres.

Ces travaux ont montré que certains virus survivent en stimulant la production d'une cytokine qui entraîne la modification de glycoprotéines à la surface des lymphocytes T CD8+, ce qui a pour effet de désactiver ces cellulaires immunitaires.

Le virus dispose ainsi de plus de temps pour battre la réponse immunitaire de vitesse et installer l'infection chronique.

« Cette découverte pourrait être utile pour le traitement de maladies auto-immunes ou le cancer, des maladies où le fonctionnement des cellules T est mal contrôlé, explique le professeur Richer. Pour les infections virales chroniques, nous pourrions être en mesure de tirer parti de ces signaux pour accroître la réactivité du système immunitaire et ainsi mieux combattre ces virus. »

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Psychomédia avec sources : Université McGill, Immunity.
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