Ceux qui ont reçu la double dose se rappelaient beaucoup moins d'informations ayant trait aux scènes négatives. Aucune différence n'était constatée pour les scènes neutres. Cet effet était toujours présent 4 jours plus tard.
Le fait d'évoquer des souvenirs douloureux sous l'influence du métyrapone réduirait la capacité du cerveau à réenregistrer les émotions négatives associées à ces souvenirs.
D'autres études ont déjà testé des médicaments ayant des effets semblables, mais ils affectaient aussi les scènes neutres. Ce qui est problématique notamment parce qu'on a besoin des informations neutres "pour contextualiser et mettre les choses en perspective", explique Sonia Lupien.
Le métyrapone n'est plus produit commercialement. Des recherches avec d'autres médicaments qui ont la capacité de diminuer les niveaux de cortisol devront être menées, indiquent les chercheurs. Elles permettront "de mieux comprendre les mécanismes cérébraux engagés dans la modulation des souvenirs négatifs".
- À terme, ces recherches pourraient permettre d'aider les personnes atteintes d'un stress post-traumatique comme des soldats, des victimes de viol ou d'attentats à mieux composer avec ces événements. La pharmacothérapie pourrait rendre le souvenir moins vif et donc plus gérable.
- L'armée américaine explore cette avenue depuis un certain temps déjà. Elle travaille avec le propranolol, un bêtabloquant qui agit lui aussi sur les hormones du stress, indique Sonia Lupien. Ce médicament agit sur les réactions physiologiques (réactions cardiaques, sudation) qui diminuent alors d'intensité. Cela n'affecte pas les souvenirs en tant que tels. (Voyez: Les bêta-bloquants éliminent les émotions associées aux souvenirs traumatisants)
- Une étude, publiée en 2010, avait montré que la morphine, administrée peu de temps après un événement traumatique, pouvait réduire le risque de développer un stress post-traumatique possiblement en raison de son action sur une autre hormone de stress, la noradrénaline.
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