Dépendance à l'héroïne: efficacité de différents traitements de substitution

Un essai clinique de trois ans (1) évaluait lequel d'un traitement de substitution avec héroïne (ou hydromorphone (2) pour certains) ou d'un traitement de substitution avec méthadone était préférable pour améliorer la santé et la qualité de vie d'usagers chroniques d'opioïdes.

Les 251 participants (Vancouver et à Montréal) étaient assignés au hasard à un traitement de 12 à 15 mois d'opioïde injectable (héroïne ou hydromorphone pour un petit nombre) ou à un traitement de méthadone par voie orale.
Les participants étaient dépendants de l'héroïne, du Dilaudid ou de tout autre opioïde depuis au moins cinq ans, utilisaient l'injection comme mode d'utilisation depuis au moins un an, avaient déjà reçu au moins deux traitements pour leur toxicomanie, dont au moins un de substitution à la méthadone et étaient âgés d'au moins 25 ans. Ils n'avaient pas démontré d'amélioration satisfaisante, faisant dire à plusieurs qu'il s'agissait de personnes impossibles à traiter.

Les deux traitements ont amené des taux de rétention remarquables et des améliorations significatives quant à l'utilisation d'héroïne illicite, la réduction des activités illégales et l'état de santé, déclare le Dr Martin Schecter de l'Université de la Colombie-Britannique, chercheur principal du projet.

Ces résultats montrent qu'une combinaison de ces traitements peut attirer et retenir en traitement les personnes les plus difficiles à traiter et qui ne répondaient pas aux services offerts dans le réseau de traitement existant.

Les taux de rétention étaient de 88% pour le HAT et 54% pour le MMT. Une diminution de presque 70% de la consommation d'héroïne illicite a aussi été observée. La proportion des participants rapportant une activité illégale a chuté d'un peu plus de 70% au moment de l'entrée dans l'étude à 36 % après 12 mois de traitement.

Le montant dépensé pour l'achat de drogues a diminué de presque la moitié. Ceux qui dépensaient en moyenne 1500$ par mois pour supporter leur consommation de drogues avant de commencer le traitement, en dépensaient en moyenne de 300$ à 500$ après 12 mois de traitement. Une amélioration de l'ordre de 27% a aussi été observée quant à la santé physique des sujets.

Fait intéressant, parmi les sujets recevant le traitement par opioïde injectable, ceux qui ont reçu de l'hydromorphone (Dilaudid(TM)), en double insu (ni les sujets, ni les médecins, infirmières et chercheurs ne savaient lequel des deux médicaments, héroïne ou hydromorphone, étaient administrés) ne semblent pas avoir été capables de faire la distinction entre les deux produits.

De plus, l'hydromorphone, un médicament opioïde déjà approuvé pour le traitement de la douleur, semblerait aussi efficace que l'héroïne. D'autres recherches pourraient confirmer cette observation et ainsi permettre de rendre accessible un traitement de substitution utilisant de l'hydromorphone.

(1) Projet NAOMI (North American Opiate Medication Opiate Medication Initiative). La clinique NAOMI de Montréal était opérée en collaboration avec le Centre de recherche et d'aide aux narcomanes (CRAN).

(2) Dérivé semi-synthétique de la morphine


PsychoMédia avec source:
CNW Telbec, Communiqué de presse

Voyez également:

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Traitement à la méthadone: vers une diminution des risques cardiaques
DOSSIER: Addiction et toxicomanie