La souffrance n'est pas une maladie, elle fait partie de la vie.



Nous sommes nombreux à ne pas savoir vers qui nous tourner lorsque la vie perd de son goût et que le mal-être s'installe
en nous. Nous sommes également nombreux à ne pas oser dire
que cela ne va pas et à ne pas oser demander de l'aide, de
peur d'être jugé, mal perçu ou incompris. Bien souvent,
nous préférons penser que ça va passer, qu'on finira bien par
trouver une solution, qu'avec le temps … S'il arrive en effet
qu'un "petit coup de blues" soit très passager, souvent par
contre, le mal-être ne disparaît pas de lui-même, simplement à
l'aide du temps. Au contraire, il aurait plutôt tendance à
s'installer encore plus.
Certes, ce n'est pas aisé de reconnaître que cela ne va plus.
Pourtant, c'est cette prise de conscience qui nous aidera à
sortir de l'ombre.
Mais comment identifier des maux qui ne ressemblent en rien
à une plaie à la jambe ?
On ne VOIT pas cette souffrance; dès lors, on ne sait pas
toujours comment en parler, comment se faire comprendre,
comment en prendre soin. Et quand on se décide, comment s'y
retrouver devant la profusion des aides professionnelles ?
Autant de définitions que d'êtres humains sur terre
Comme on le voit, il existe autant d'interprétations de la vie
et du bien-être que d'êtres humains peuplent la terre. Elles
changent selon le milieu de naissance (et ce qu'il génère au
niveau culturel, économique et politique), selon l'âge, les
expériences, les relations familiales et affectives, les
conditions de vie passées et actuelles. Impossible de citer
tous les éléments qui influencent notre vision de
l'existence. En outre, cette vision change en cours de route.
Elle peut être un lourd fardeau aujourd'hui, mais rien ne dit
qu'il en sera de même demain. Cette perception de la vie et
du bien-être est influencée par notre état intérieur.
Cela dit, être bien dans sa peau ne doit pas forcément être
synonyme de bonheur intense. Cela peut parfois signifier
tout simplement assumer ce que l'on est et essayer d'en
tirer le meilleur parti.
La part de la société
Cette vision réductrice du bonheur risque d'accentuer la perte
de confiance, l'isolement, la culpabilité que nous ressentons
déjà lorsque nous sommes mal dans notre peau. Or, si les
causes de notre mal-être peuvent prendre racine dans notre
histoire personnelle, celle-ci n'en est pas toujours la seule
cause. La société a aussi sa part de responsabilité dans
certaines détresses ou situations de crise; elle n'est pas
toujours capable de répondre à nos besoins fondamentaux et
peut induire des contraintes psychiques difficiles à supporter :
stress professionnel ou chômage, maladies de longue durée et
souffrance chronique, violence, pauvreté, surendettement,
harcèlement, logement trop petit, trop bruyant, … Dans ces
situations, des troubles comme la dépression, l'alcoolisme, la
dépendance aux médicaments peuvent naître ou s'amplifier.
C'est vrai : nous préférons une vie sans heurts ni obstacles.
Nous cherchons tous le bonheur et personne ne souhaite
souffrir. C'est là un désir tout à fait légitime et humain.
Toutefois, la réalité est autre; la vie est loin d'être tranquille.
Vivre signifie aussi se confronter à des problèmes et
traverser des moments difficiles. Tout le monde fait l'expérience
des larmes, toute vie est marquée par des événements
douloureux - deuil, séparation, maladie, etc - personne
n'y échappe. Existe-t-il un seul être humain qui n'ait jamais
souffert ? Par ailleurs, existe-t-il un seul être humain qui
n'ait jamais souri ? La vie est faite de hauts et de bas. Tantôt
on s'y sent bien, tantôt on s'y sent mal. Elle ressemble plus
à une route de montagne, avec ses cols, ses plats et ses
descentes, qu'à une autoroute à quatre bandes !
C'est encore vrai : nous vivons dans une société qui met le
bonheur (et l'argent, comme source de ce bonheur) à la Une.
Elle l'affiche à chaque coin de rue, sur fond de réussite
professionnelle, de performance, de jeunesse, de beauté, …
Du coup, c'est d'autant plus difficile à vivre quand on se
sent mal dans sa peau. On aurait même vite fait de se croire
anormal. Quoi ? Tout le monde semble être heureux et moi,
je me sens complètement à côté de mes pompes ? Suis-je
tellement inadapté ? Attention à ne pas nous faire piéger par
cette vision unique du bonheur. N'oublions jamais qu'il
existe de nombreux bonheurs et de multiples chemins pour
y parvenir.
La souffrance n'est pas une maladie, elle fait partie de
la vie. Personne n'y réagit de la même manière et ce qui
est douloureux pour l'un ne le sera pas forcément pour
l'autre. L'impact des situations vécues sur notre équilibre
intérieur variera en fonction d'une série d'éléments
tels que les conditions de vie et de travail, l'état
de santé, les relations affectives, le passé personnel, etc.
Quoi qu'en disent les images des magazines ou les
publicités, la souffrance est une réaction normale à
certaines situations de la vie
Notre inconscient influence aussi positivement notre
vie, il s'exprime dans nos rêves et notre créativité, il
nous donne de l'énergie. Toutefois, il nous arrive d'être
dans le trouble sans en comprendre la raison. Tout peut
sembler "normal" : on a du boulot, une famille, des
amis, des vacances et pourtant, au fond de nous, quelque
chose ne tourne pas rond, quelque chose fait mal. Ainsi,
notre existence est parfois bouleversée par les forces
inconscientes.
Ce qui est inconscient ne peut être pensé, dit ou éprouvé
directement. Mais cette énergie psychique tentera
toujours de s'exprimer. Cela se manifestera par l'apparition
de symptômes dans le corps (maux de dos,
estomac noué, maux de tête, grande fatigue, perte de
sommeil, etc) et dans ce cas, on parle de somatisation, ou
par des modifications psychiques et des émotions perturbatrices
(humeur qui change, angoisse, irritabilité, etc)
ou encore par des comportements et des attitudes
inhabituelles (comme la phobie, l'inhibition, etc).
Il y a trouble et trouble
Nous sommes parfois sur le point de craquer. Et puis,
non, nous nous adaptons à la situation et nous nous
débrouillons pour garder les pieds sur terre. Mais il
nous arrive aussi de craquer vraiment. Dans ce cas, il se
produit comme une rupture, un court-circuit qui nous
déconnecte du monde; le malaise - quel qu'il soit -
prend le dessus et nous retranche à l'ombre de notre vie.
La frontière entre un mal-être passager et une crise plus
profonde n'est cependant pas nette, d'autant plus que
chacun de nous a son propre seuil de tolérance par
rapport à la douleur psychique.
Tout est décidément subtil au royaume de la psyché. Il
n'existe pas de critère précis qui détermine le moment
adéquat pour faire appel à une aide extérieure.

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Re: La souffrance n'est pas une maladie, elle fait partie de la

La souffrance fait partie de la vie...
Quand est-ce qu'elle commence et quand est-ce qu'elle finit ?
On souffre durant la vie entière. Le soleil se lève une journée pour mieux disparaitre le lendemain. La souffrance ne se décrit pas ! Elle est là à l'intérieur cherchant à se faire voir, s'identifier.
On souffre du rejet, de la perte, de la séparation de la mort. On souffre de la vie.
À force de la cotoyer on pense qu'on va l'apprivoiser. Erreur. Elle revient comme une plaie et s'installe pour s'agrandir au fil des évènements que la vie nous amène.
On va puiser dans les enseignements. On cherche un soulagement. Mais un grand vide se crée à l'intérieur de nous. La vie est quand à moi souffrance par dessus souffrance.
Le coeur ne veut plus les prendre, elles nous assaillent. Elles nous réveillent la nuit. Elles sont là le matin au réveil d'une nuit trop courte. On essaie de camoufler ces yeux bouffis par les larmes. Puis on dit " tout va bien "
Parce que la honte de souffrir nous pèse. On veut croire aux moments heureux. Mais ils sont éphémères.
On arrête d'en parler à nos proches car plus on en parle, plus ils s'éloignent nous laissant dans ce gros trou noir creusé par trop de souffrances.

Au début on parle de solitude. Puis ça devient un isolement. On se cache avec la honte. On met le masque des gens heureux qui ne souffrent pas.

La souffrance fait partie de la vie dites-vous ? On vit, on souffre et on meurt. Mince consolation. Il faut avoir vécu les bas fonds de cette souffrance pour comprendre pourquoi certaines personnes décident d'en finir. La fin est un moyen. le combat aussi. Mais quand on en a trop c'est trop. La tête, les pensées on besoin de repos. Qu'importe les psychothérapies, quand on va toucher à cette soufrance extrême, on réveille les sentiments qui nous font souffrir.

Il nous reste un petit jardin dans lequel on ensemence des brindilles de bonheur. On va puiser la force de se lever un autre jour. Ce jardin demeurera secret parce qu'il contient l'histoire de notre vie.
Non la souffrance n'est pas une maladie. Elle est un affliction. Celui ou celle qui souffre en connait ses racines. Mais elle n'a pas la recette de la potion magique qui la fera évanouir à jamais.