Où en est le plan autisme en France?

Il faut une meilleure complémentarité entre les méthodes de prise en charge de l'autisme, la psychiatrie et l'éducatif, a déclaré jeudi la secrétaire d'État à la Solidarité Valérie Létard, à l'occasion du premier anniversaire du plan autisme 2008- 2010. Les objectifs de ce plan de 187 millions d'euros visent "à accroître la capacité d'accueil pour les enfants autistes et développer des formes de prise en charge plus innovantes", a-t-elle rappelé.

La prise en charge de l'autisme fait l'objet d'une vive opposition entre les partisans d'une méthode de soin psychiatrique d'une part et éducative d'autre part.
"Notre souci, ce n'est pas de privilégier une voie par rapport à une autre. Mais le plan a ouvert la voie de l'éducatif, qui n'existait pas dans les précédents plans autisme", a expliqué à l'AFP la secrétaire d'État. "Nous voulons expliquer à des professionnels sceptiques qu'il y a un avantage à s'ouvrir à d'autres méthodes: il faut une vraie complémentarité", a-t-elle poursuivi.

Pour Agnès Woimant, administratrice de l'association Autisme France, la situation sur le terrain n'a pas changé: les "professionnels" et les formations "restent les mêmes" et "ça n'avance pas".

Mme Létard a tenté de rassurer des militants associatifs dont ceux de Léa pour Samy, en leur signifiant que six projets de structures expérimentales seraient acceptés, malgré un avis négatif du Comité régional d'organisation sanitaire et médico-sociale (Crosms), rendu le 14 mai.

En ce qui concerne les places d'accueil, en 2008, "1.158 places nouvelles ont été autorisées et financées. (...) Au rythme où nous allons, nous aurons atteint les 4.100 places fixées par le plan en trois ans au lieu de cinq", s'est félicitée la secrétaire d'État. Pour Mme Woimant toutefois, "il y a 6.000 bébés autistes qui naissent chaque année, donc ce n'est de toute façon pas assez", a-t-elle expliqué sur RTL.

Mme Létard s'est également prononcé sur la pratique du "packing" qui a été vivement critiquée par les associations récemment. Cette pratique consiste à empaqueter dans des serviettes mouillées les autistes "présentant des troubles sévères du comportement". Le recours à cette pratique doit rester "strictement limité". Il nécessite une "information précise des parents (...) et l'accord exprès de ceux-ci", a-t-elle dit, soulignant que cette pratique "n'a pas fait l'objet de validation scientifique". "Tout recours en dehors de ce cadre (...) peut légitimement donner lieu à un signalement, en vue d'une enquête DDASS et même à un signalement judiciaire, en cas de soupçon de maltraitance", a-t-elle ajouté.

Le plan autisme prévoit en outre "la réalisation d'un socle commun de connaissance qui fasse enfin consensus". Le document élaboré par la Haute autorité en santé devrait être prêt d'ici la fin de l'année.

Autres mesures: Pour le diagnostic, le gouvernement a débloqué 1,4 millions d'euros en 2009 et prévoit 10 millions en 2010 pour créer dans chaque région 3 postes supplémentaires par région dans les unités spécialisées dans le diagnostic. Pour la formation, la première licence professionnelle consacrée à l'accompagnement des personnes autistes sera créée à la rentrée prochaine à Paris. Un autre projet est en cours à Lille.

Psychomédia avec sources:
VousNousIls.fr
Le Nouvel Observateur
RTL.fr


Voyez également:

Autisme: des traitements relevant de la maltraitance dénoncés en France (avril 2009)
Le plan autisme (France) se distance de la psychanalyse et de la psychiatrie (avril 2008)
Autisme en France: la psychanalyse pointée par le comité d'éthique (déc. 2007)
DOSSIER: Autisme et troubles du spectre autistique