Autisme: proposition de loi pour l'arrêt des pratiques psychanalytiques (France)

Le député UMP et président du groupe d'études parlementaires sur l'autisme Daniel Fasquelle a déposé vendredi à l'Assemblée une "Proposition de loi visant l’arrêt des pratiques psychanalytiques dans l’accompagnement des personnes autistes, la généralisation des méthodes éducatives et comportementales, et la réaffectation des financements existants à ces méthodes".

Il convient avec urgence, dit-il, "de rompre avec la psychanalyse dans l’autisme tant en termes de lecture que de mode de prise en charge (incluant la technique du packing qui scandalise l’ensemble de la communauté scientifique internationale)".

Les pratiques psychanalytiques, qui ont été abandonnées depuis au moins 20 ans dans la plupart des pays occidentaux, captent la majeure partie des moyens financiers alloués à cette pathologie, déplore-t-il.

La psychanalyse "ne figure dans aucune recommandation nationale ou internationale en matière d'autisme", écrit-t-il, alors que l'apport de "certaines techniques de rééducation spécifiques (outils de communication, méthodes éducatives, méthodes comportementales) a été démontré dans plusieurs études".

En janvier 2010, rappelle-t-il, "la Haute Autorité de Santé a enfin reconnu la Classification Internationale des Maladies de l’Organisation Mondiale de la Santé (la CIM-10), incluant l’autisme dans les Troubles Envahissants du Développement et abandonnant de fait la notion de psychose infantile".

Mais, "la Classification française des troubles mentaux de l’enfant et de l’adolescent (CFTMEA), construite sur référence psychanalytique, n’a toujours pas calqué sa définition sur celle recommandée par la HAS. Aussi, bon nombre de médecins ne reconnaissent toujours pas la CIM-10, et l’approche psychanalytique de l’autisme est encore majoritairement enseignée dans nos universités françaises", précise-t-il.

Lire le texte de la proposition sur le blog du député Daniel Fasquelle.

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Daniel FASQUELLE député Pas-de-Calais et UMP

Ceci est un fait :
Daniel FASQUELLE député Pas-de-Calais et UMP, figure clairement sur la liste des élus financés par les lobbys pharmaceutiques.
Ce fait n'est pas anodin.

Que la position de Monsieur Fasquelle soit aussi celle de parents et de professionnels concernés par l'autisme, c'est un fait.

Il vaudrait mieux que ces faits n'excluent pas la préoccupation de penser le lien entre :
- le fait de la proposition de loi visant à interdire etc.
- et le fait de la collusion d'intérêt de son auteur avec les affaires financières bio-médico-pharmaceutiques.

Lorsqu'on est pris dans la tourmente de l'autisme, si la difficulté de voir la portée de ce lien est compréhensible, il n'en demeure pas moins qu'il est également compréhensible que citoyens et Institutions se préoccupent de raison gardée, pour ce qui est de légiférer.
Une loi concerne une société dans son ensemble, et n'est pas isolée de l'ensemble législatif.

Heureusement que ce qui serait une interdiction de la psychanalyse n'est pas intriquée avec l'obligation de recourir à tel ou tel boîte à outils.
Parce qu'un jour, alors, des parents se verraient assignés au Tribunal, sous le chef d'accusation de mal traitance de leur enfant, pour avoir, d'une part, parlé à un psychanalyste, et d'autre part, pour n'avoir pas suivi les préconisations des méthodes qui seraient à ce moment-là la norme en vigueur.

Pour ce qui est de l'opposition à ce projet de loi, il ne faudrait pas confondre, soutient/défense de la psychanalyse (quoi qu'on en pense), et qu'est-ce que cela signifie de commettre une telle législation. En ce sens, l'Unapei fait oeuvre de salut publique, à mon sens, elle assume une position honorable, pour ce qui est de l'ensemble de notre société, et y compris "pour ce qui est de l'autisme".

Il est dommage, et frappant, et compréhensible aussi, dans le contexte sociétal et historique qui est le nôtre, que des parents éprouvent un sentiment de trahison, cependant, il est toujours possible de concevoir qu'un peu de recul sur les tenants et les aboutissants d'une position et d'un projet de loi, apporte une meilleur compréhension de ce qui se passe.

La psychanalyse est une impasse !

Votre tentative de décrédibilisation de Monsieur Fasquelle est indigne.

Ne savez-vous pas que le retard considérable pris en France dans la prise en charge de l'autisme est un vrai scandale de santé publique ? Ne savez-vous pas que le lobby puissant et riche des psychanalystes en est l'une des principale cause ?

Mais surtout, il vous sera facile de vérifier que dans les états où sont mises en places des approches éducatives, intensives et précoces....le taux de médicalisation des autisme est 10 fois inférieur à ce qui se passe dans nos hôpitaux psychiatrique...seul débouché offert par nos mandarins psychanalystes aux autistes devenus adultes.

Monsieur Fasquelle en souhaitant qu'enfin soient mise en place les bonnes pratiques...coupe l'herbe sous les pieds aux laboratoires. Votre argumentation ne tient pas !!!

Les familles, leurs associations se battent depuis des décennies pour qu'enfin cesse une situation de maltraitance généralisée...et sont gré à tous les hommes politiques qui, enfin, les entendent !

Quand à l'UNAPEI...ce que je connait des centres ADAPEI dans mon département...ne les place pas en position de donneurs de leçon. Aucune prise en charge adaptée n'est mise en place...juste de l'occupationnel avec une dosette de psychanalyse...et des enfants qui s'y enfonce et y préparent leurs admissions futures à l'hôpital psychiatrique...le tout à des prix de journée exorbitants ! Une Honte !

Je ne vois aucun rapport

Je ne vois aucun rapport entre de présumés conflits d'intérêts avec des lobbys pharmaceutiques et la modification des destinataires des fonds publics concernant le traitement de l'autisme.

L'autisme lui-même ne peut faire l'objet d'aucun traitement médicamenteux, pour la simple et bonne raison qu'il n'existe aucune molécule capable de le soigner. En revanche, certains traitements peuvent être prescrits pour soigner des troubles périphériques, accompagnant parfois l'autisme, tels que l'hyperactivité ou l'hyperanxiété. Ces médicaments sont déjà prescrits à l'heure actuelle par bon nombre de psychiatres, y compris lorsqu'ils sont adeptes de la méthode psychanalytique.

Je ne vois donc pas du tout en quoi la proposition de loi déposée par M. Fasquelle irait dans le sens d'un quelconque laboratoire pharmaceutique.

Ce que la proposition de loi espère modifier, c'est bien la place tenue à l'heure actuelle par la psychanalyse dans le diagnostic et le traitement (hors médication) de l'autisme. Le fait, par exemple, que des consultations auprès d'un psychiatre adepte de la psychanalyse, bien que souvent peu fructueuses, soient remboursées par l'assurance maladie, alors que l'accès à un thérapeute formé à la méthode comportementale reste conditionné au niveau de vie des familles. Autre réalité consternante: le diagnostic précoce de l'autisme, aujourd'hui à la portée des professionnels compétents, est trop souvent éludé par les tenants de la psychanalyse, pour lesquels d'ailleurs, l'autisme reste une psychose infantile (alors que cela fait 20 ans que la psychiatrie internationale n'emploie plus ce terme pour décrire l'autisme).

Pitié, arrêtons le mélange des genres.

Ce qui n'est pas le cas de ce

Ce qui n'est pas le cas de ce message.