Afin de mieux comprendre les processus cognitifs de la créativité, des chercheurs ont utilisé l'imagerie par résonance magnétique pour étudier l'activité cérébrale de rappeurs alors qu'ils improvisaient spontanément.

L'étude, publiée dans la revue Scientific Reports, a été initiée par les rappeurs Daniel Rizik-Baer et Michael Eagle (qui rappe sous le nom Open Mike Eagle) et réalisé par Allen Braun et Siyuan Liu des National Institutes of Health américains. Ils ont demandé à 12 rappeurs de mémoriser un bout de chanson qu'ils reproduisaient à l'intérieur d'un appareil d'IRM. Ils leur ont aussi demandé d'improviser librement (freestyle) sur la musique.

Au cours de l'improvisation, une diminution de l'activité dans certaines parties du cerveau impliquées dans les fonctions exécutives, qui concernent la planification et l'exécution de comportements complexes, en même temps qu'une plus grande activité dans des parties considérées responsables de l'action.

Un réseau reliant les zones impliquées dans le langage, les émotions, et les mouvements physiques, mais pas celles liées aux fonctions exécutives, s'activait pendant l'improvisation.

Bien que d'autres études soient nécessaires pour mieux comprendre comment ce réseau s'inscrit dans le processus créatif, les chercheurs font l'hypothèse que, durant l'improvisation, les fonctions exécutives de haut niveau sont activement contournées afin de permettre une production plus naturelle et spontanée de langage.

Un relâchement des fonctions exécutives peut permettre une attention plus diffuse et des processus moins censurés, ce qui pourrait constituer une marque distinctive de la créativité, dit Braun.

Les résultats suggèrent aussi, dit-il, une explication de pourquoi l'artiste peut avoir l'impression que la musique se crée par elle-même. Avec moins d'implication des régions préfrontales latérales, la performance peut sembler, pour son créateur, se produire en dehors de la pensée consciente.

Les observations de cette étude se rapprochent de celles faites dans une étude menée par Braun en 2008 avec des improvisateurs de jazz, ce qui fait dire aux chercheurs qu'elles pourraient sans doute être généralisées pour expliquer les processus cognitifs dans d'autres formes artistiques spontanées.

Psychomédia avec sources: Los Angeles Times, Scientific American. Tous droits réservés