Pierre Rainville et Joshua Grant ont, avec leurs collègues, comparé la réponse à des stimuli douloureux d'origine thermique de 13 adeptes de la méditation zen à celle de 13 personnes ne pratiquant pas la méditation. Leur perception de la douleur a été mesurée et comparée avec les données recueillies par l'imagerie fonctionnelle par résonance magnétique (IRM). Les adeptes les plus expérimentés de la méditation ont présenté des réponses moins grandes à la douleur et une diminution de l'activité dans les zones du cerveau responsables de la cognition (cortex préfrontal), de l'émotion (amygdale) et de la mémoire (hippocampe). Une diminution de la communication entre la zone du cerveau qui ressent la douleur et le cortex préfrontal était également observée.
Ces résultats ouvrent de nouvelles perspectives sur le fonctionnement du cerveau car ils remettent en question les concepts actuels du contrôle mental, censé s'obtenir par un effort ou une augmentation de l'activité cognitive, explique Joshua. L'autorégulation de certains processus pourrait plutôt se faire de manière plus passive en «neutralisant» des zones du cerveau normalement impliquées.
« Ces résultats laissent penser que les adeptes de la méditation zen pourraient avoir acquis l'aptitude de neutraliser certains processus cérébraux supérieurs tout en continuant de ressentir les stimuli, explique Pierre Rainville. Cette aptitude pourrait avoir des conséquences profondes et étendues sur la régulation de la douleur et des émotions et sur le contrôle cognitif. Ce comportement correspond bien à l'état d'esprit du zen et à la notion de pleine conscience. »
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DOSSIER Psychomédia : Douleur chronique
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