Jeu pathologique: deux types de joueurs, deux médicaments contre la toxicomanie efficaces

Le jeu pathologique peut être traité efficacement avec des médicaments souvent utilisés pour le traitement des addictions, selon des études présentées au congrès annuel de l'American College of Neuropsychopharmacology. Les personnes qui ont un trouble de jeu pathologique continuent de jouer malgré des conséquences négatives pour eux-mêmes et leurs familles.

Jon Grant et son équipe de l'Université du Minnesota ont mené trois études, avec des groupes de 70 à 100 femmes et hommes, dans lesquelles ils ont évalué les processus cognitifs qui sous-tendent les motivations de ce type extrême de comportement de gambling. Ils ont centré leur analyse sur 2 processus: le goût de jouer et l'inhibition.
Les participants ont été classés dans 2 groupes:

- un premier groupe de joueurs animés par l'impériosité (qui rapportent jouer quand le désir devient trop fort pour être contrôlé);

- un deuxième groupe de joueurs qui ne manifestent pas d'inhibition normale des comportements impulsifs (qui rapportent être incapables de restreindre leurs comportements même quand le goût est minime ou virtuellement non existant).

Le premier groupe répondait bien à un traitement avec des médicaments qui bloquent le système opioïde du cerveau (ex. la naltrexone) ou certains récepteurs du neurotransmetteur glutamate (ex. la mémantine). Les antécédents familiaux jouent un rôle important pour affiner la spécification de ce groupe. Les personnes ayant des antécédents familiaux d'addiction répondaient encore mieux au bloqueurs d'opioïdes, qui se sont révélés efficaces dans d'autres études pour diminuer le goût de consommer des substances comme l'alcool.

Le deuxième groupe répondait bien à des médicaments qui agissent sur une enzyme spécifique, la catécholamine O-méthyltransférase (COMT), qui joue un rôle majeur dans le fonctionnement du cortex préfrontal. Les chercheurs ont constaté que la réduction de la fonction de la COMT peut augmenter la capacité d'inhiber le désir de jouer.

Même si une majorité de personnes répondent à ces médicaments, ils ne fonctionnent pas pour certaines personnes, précise Grant. Des recherches additionnelles sont nécessaires, considère-t-il, pour affiner les sous-types de joueurs pathologiques.

Psychomédia avec source:
Eurekalert

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