Parkinson: la rasagiline (Azilect) ralentirait la progression de la maladie

La rasagiline (Azilect), un médicament couramment utilisé dans le traitement de la maladie de Parkinson (1), serait non seulement efficace contre les symptômes de la maladie mais ralentirait sa progression, selon une étude américano-française publiée dans le New England Journal of Medicine. Si ces résultats sont confirmés, il s'agirait du premier médicament à exercer un effet qui modifie l'évolution de la maladie.

C. Warren Olanow du Mount Sinaï School of Medicine (États-Unis), Olivier Rascol de l'Inserm (CHU Toulouse) et leurs collègues ont mené cette étude, baptisée Adagio, avec 1176 personnes de 14 pays, atteintes de la maladie à un stade précoce.
Les participants étaient assignés au hasard à un groupe dans lequel le traitement avec la rasagiline commençait dès le début et durait 18 mois ou à un groupe dans lequel ils prenaient d'abord un placebo (produit inactif) pendant 9 mois avant de prendre le médicament durant la deuxième moitié de l'essai. Les chercheurs évaluaient ensuite si le traitement plus précoce influençait le résultat final.

Les participants ayant pris la rasagiline dès le début de l'essai avaient des bénéfices à 18 mois qui n'étaient pas présents chez chez ceux qui ont commencé le traitement neuf mois plus tard. Ces résultats sont ainsi consistants avec la possibilité que le médicament ralentisse la progression de la maladie. Ce ralentissement de la maladie n'était présent qu'avec une dose de 1 mg mais pas avec une dose de 2 mg.

Ce résultat soulève, dit Olivier Rascol, la question du moment optimal de l’initiation du traitement de la maladie. Alors que cette étude montre qu’un traitement initié plus précocement apporte un avantage ultérieur, les recommandations actuelles incitent à attendre que les symptômes atteignent une certaine sévérité.

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(1) La rasagiline appartient à la famille des médicaments inhibiteurs de la monoamine-oxydase (MAO). Elle augmente les niveaux du neurotransmetteur dopamine dans le cerveau. La détérioration des neurones dopaminergiques, impliqués dans la motricité, explique par exemple, les tremblements et les raideurs, caractéristiques de la maladie.

Psychomédia avec sources: Science Daily, Inserm, information de presse