IGAS: nécessité de diminuer l'influence des labos sur les médecins

L'inspection générale des affaires sociales (IGAS) a rendu public mercredi le 31 octobre un rapport, «L’information des médecins généralistes sur le médicament», qui recommande aux pouvoirs publics de "réduire de plus de moitié les dépenses que les laboratoires consacrent à la promotion du médicament".

Le rapport cible principalement les visites des représentants des labos auprès des médecins généralistes.
Étant donnée une absence en France de dispositif cohérent de formation continue pour les médecins généralistes, ceux-ci n’ont souvent pas d’autres informations que celles fournies par ces visiteurs médicaux, pour faire face à l’afflux de nouveaux médicaments et les progrès de la médecine.

Un tiers des médecins reçoit plus de sept visiteurs médicaux par semaine, et seulement entre 3 et 5 % des médecins ne reçoivent aucun visiteur médical, note l’Igas. On estime à environ 330 le nombre moyen de visites reçues chaque année par un médecin généraliste, précise le rapport. L’industrie pharmaceutique dépense ainsi plus de 25.000 euros annuellement par généraliste pour ces visites.

Ces visites, note l'IGAS, influent plus fortement sur les comportements des médecins qu’ils ne le pensent et ne l’admettent (comme l'argumentait notamment UFC-Que Choisir dans un rapport publié en septembre dernier ). Or, mentionne l'IGAS, les informations délivrées par l'industrie sont souvent biaisées.

Le rapport relève que les stratégies de promotions des laboratoires incluent également des stratégies telles que l’insertion de médecins dans des études dont l’intérêt scientifique est limité, le rôle que jouent des leaders d’opinion, comme les membres des sociétés savantes ou les professeurs de médecine en crédibilisant les messages des laboratoires. L’Igas pointe également le rôle ambigu de la presse médicale dont la plus grande partie est financée par la publicité.

L'Igas recommande de faire de la Haute Autorité de santé (HAS) l'émetteur unique d'information sur le bon usage du médicament, de confier à l'HAS la définition et la mise en oeuvre d'une stratégie de promotion publique des bonnes pratiques de prescription et de mettre en place un observatoire de la prescription pour repérer les problèmes rencontrés par les médecins avec les visiteurs médicaux.

Les entreprises du médicament, dans un communiqué, ont nié toute légitimité aux inspecteurs de l'Igas et réclamé la tenue de négociations publiques.

Psychomédia avec source:
Libération
Le Figaro

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