Diabète: la sécurité de l'Avandia évaluée par les autorités

Voyez également: Avandia: le comité de la FDA a voté le maintien sur le marché malgré les risques (14 juillet 2010)

L'Agence européenne de médicaments (EMEA) et la Food and Drug Administration (FDA) américaine vont ré-évaluer dans les prochains jours la sécurité du médicament antidiabétique Avandia (rosiglitazone) du laboratoire GlaxoSmithKline, après que deux nouvelles études aient suggéré qu'il pouvait augmenter le risque de problèmes cardiovasculaires. L'autorisation de mise sur le marché du traitement pourrait être remise en cause.

La FDA étudiera le dossier les 13 et 14 juillet et le comité des médicaments à usage humain (CHMP) de l'EMEA le fera du 19 au 22 juillet. L'EMEA a rappelé que le rosiglitazone a été autorisé avec des précautions d'utilisation pour les personnes ayant des problèmes cardiaques.
Le mois dernier, deux études ont relancé le débat sur la sécurité de l'Avandia. Dans une première étude, publiée dans les Archives of Internal Medicine, Steven Nissen et Kathy Wolski de la Cleveland Clinic Foundation, ont analysé 56 essais cliniques impliquant 35.531 personnes, dont 19.509 prenaient l'Avandia et 16.022 l'Actos (pioglitazone). Avandia augmentait le risque d'accident vasculaire cérébral, d'insuffisance cardiaque et de décès. Une étude précédente de Nissen et Wolskie publiée en 2007 montrait un risque cardiaque accru avec Avandia et avait lancé la polémique sur la sécurité du médicament.

La seconde étude, publiée dans le Journal of the American Medical Association, a été menée par David Graham de la FDA à partir de données médicales concernant 227.571 personnes. L'Avandia augmentait les risques d'insuffisance cardiaque de 25% et d'accidents vasculaires cérébraux (AVC) de 27% comparativement à l'Actos.

Avandia est sur le marché depuis 1999. Il réduit la glycémie en améliorant l'efficacité de l'insuline et en facilitant l'absorption de glucose par les cellules de l'organisme. En 2007, plus de deux millions de personnes dans le monde en prenaient chaque année. Les ventes ont diminué depuis la polémique.

Les maladies cardiovasculaires sont la première cause de mortalité chez les personnes atteintes du diabète de type 2.

Psychomédia avec sources:
Le Nouvel Observateur (AP), Los Angeles Times, Washington Post
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