La femme bisexuelle: étape, transition ou orientation stable? PsychoMédia
- Publié le 16 janvier 2008
La bisexualité chez les femmes semble être une orientation sexuelle distincte et non
pas simplement une étape expérimentale ou transitoire dans un cheminement vers le
lesbianisme selon une étude publiée dans la revue Developmental Psychology.
Lisa M. Diamond, chercheure en psychologie de l'Université de l'Utah, et son équipe ont suivi 79 femmes non hétérosexuelles pendant 10 ans, en les
interrogeant tous les deux ans. Les participantes étaient âgées, au début de la recherche, de 18 à 25 ans. Elles s'identifiaient comme lesbiennes, bisexuelles ou ne s'identifiaient à aucune de ces catégories.
Chez les femmes bisexuelles, l'attrait envers les deux sexes s'est avéré stable.
Les résultats montrent notamment que:
- Les femmes bisexuelles et celles ne s'identifiant à aucune catégorie
étaient plus susceptibles de changer d'identité durant les dix années de la recherche.
Mais elles avaient tendance à changer entre les catégories bisexuelles et non identifiées plutôt que de passer à une identité lesbienne ou hétérosexuelle.
- 17% des répondantes ont passé d'une identité bisexuelle ou non qualifiée vers
hétérosexuelle durant l'étude. Mais plus de la moitié d'entre elles sont revenues vers
une identité bisexuelle ou non qualifiée avant la fin de la recherche.
- Pendant les dix années de la recherche, la plupart des femmes se sont impliquées dans une relation de couple monogame à long terme (c'est-à-dire plus d'un an) : 70% de celles s'identifiant comme lesbiennes, 89% des bisexuelles, 85% de celles ne qualifiant pas leur orientation et 67% de celles qui se considéraient homosexuelles.
- Les définitions des femmes du lesbianisme et de leurs fantasmes semblaient permettre plus de flexibilité
dans les comportements que leurs définitions de l'hétérosexualité. Par exemple au
dernier interview, parmi les femmes s'identifiant comme lesbiennes, 15% rapportaient
un contact sexuel avec un homme durant les deux années précédentes. Comparativement,
aucune femme s'identifiant comme hétérosexuelles ne rapportait de rencontre sexuelle avec une femme pendant la même période.
"Cela supporte la notion que la sexualité féminine est relativement fluide
et que la distinction entre les femmes lesbiennes et bisexuelles n'est pas rigide",
commente Diamond.