Maigrir: les gras saturés augmentent l'appétit pour plusieurs jours

Les hormones leptine et insuline jouent des rôles clé dans les mécanismes de l'appétit et de la prise alimentaire. Chez les personnes en santé, la leptine, qui est sécrétée par les tissus adipeux, annule la sensation de faim et l'insuline, qui est à son plus haut lorsque la glycémie augmente après un repas, amène le cerveau à diminuer le goût de nourriture.

Une étude, parue dans le Journal of Clinical Investigation, montre que les gras saturés perturbe la capacité du cerveau de répondre de façon appropriée à ces signaux.
Stephen Benoit, chercheur en neuroscience comportementale à l'Université de Cincinnati, et ses collègues ont constaté qu'après seulement trois jours d'un régime riche en gras saturés (qui se trouvent, par exemples, dans le boeuf et le fromage), le cerveau de rongeurs devenait résistant à la leptine et l'insuline. Les gras insaturés, comme ceux contenus dans l'huile d'olive, ne déclenchaient pas une telle résistance.

Comme résultat de cette résistance, un repas riche en gras saturés augmente l'appétit. "Prendre congé d'un régime sain en mangeant du fast food peut avoir des conséquences qui durent quelques jours, même après avoir repris le régime sain", dit Benoit.

Sentir la leptine et l'insuline est comme garder un oeil sur l'état des nutriments dans l'organisme, dit Gary Schwartz, chercheur en neuroscience au Albert Einstein College of Medicine (New York), qui n'est pas impliqué dans cette recherche. "Si cet oeil devient aveugle parce que trop de nutriments sont fournis, il ne peut plus répondre. (...) Un cercle vicieux de problèmes métaboliques et de gain de poids peut en résulter.

Pourquoi l'organisme réagit-il ainsi? Une explication possible avancée par les chercheurs, inspirée d'une approche évolutionniste, est liée aux mécanismes impliqués dans la faim. Lorsqu'une personne a faim, l'organisme commence à utiliser ses réserves d'énergie. Ce qui a pour résultat que le sang devient alimenté en graisses, tout comme cela se produit en cas d'obésité et de suralimentation. Prudent, le cerveau interpréterait l'apport en graisses comme un signe de famine. "Au cours de l'évolution, les humains ont été confrontés à un manque de calories et à la famine beaucoup plus que nous n'avons jamais été confrontés à une surabondance de calories", commente William Banks of the Saint Louis Veterans Affairs Medical Center.

Mais, note Benoit, une réponse neurologique "qui était utile à un certain moment de l'histoire n'est plus utile quand il y a un McDonald et un Taco Bell sur le chemin vers la maison". Alors, dans la bataille contre les calories vides et l'obésité, "s'en tenir à un régime méditerranéen, riche en huile d'olive et en légumes peut aider à déjouer la physiologie obsolète de notre cerveau".

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Psychomédia avec source: Scientific American
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