Lorsqu'ils évaluent leur propre moralité, les gens se jugent presque toujours comme étant moralement supérieurs à la personne moyenne, selon une étude publiée dans la revue Social Psychological and Personality Science. Ce qui reflète une « illusion positive » car tous ne peuvent être au-dessus de la moyenne.

Ben M. Tappin et Ryan T. McKay du département de Psychologie de l'Université de Londres ont comparé ce biais irrationnel à d'autres domaines d'auto-évaluations positives.

Ils ont demandé à 270 participants de se juger et de juger la personne moyenne sur une série de traits reflétant des dimensions importantes de la perception sociale : la morale, l'autodétermination et la sociabilité. Ces qualités incluaient le travail acharné, l'honnêteté, la fiabilité, la responsabilité, les préjugés…

Selon leurs analyses, presque tous les individus exagèrent irrationnellement leurs qualités morales, et l'ampleur absolue et relative de cette irrationalité est plus grande que dans les autres domaines d'auto-évaluations positives.

Des recherches antérieures avaient fait valoir que de telles auto-évaluations excessivement positives favorisent le bien-être individuel. Mais la présente étude montre que même les personnes ayant une estime de soi relativement faible (faites le test) s'identifient comme moralement supérieures à la personne moyenne.

Ces résultats suggèrent que la supériorité morale est une forme unique et répandue d'« illusion positive » dont la fonction sous-jacente demeure inconnue.

« Bien que cette étude ne se penche pas sur la raison pour laquelle les gens pensent de cette façon, ni sur les conséquences de ce phénomène, elle soulève d'importantes questions sur la façon dont ces jugements affectent leur vie, qu'il s'agisse des relations personnelles et intergroupes, du travail ou du comportement prosocial. La recherche en cours dans notre laboratoire se penche sur ces questions, y compris comment une illusion de supériorité morale se manifeste dans les groupes tout autant que chez les individus », explique Ryan T. McKay.

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Psychomédia avec sources : University of London, Social Psychological and Personality Science.
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