Les aliments d'origine végétale devraient dominer dans une alimentation saine pour le cœur, selon une analyse publiée en juillet 2021 dans Cardiovascular Research, une revue de la Société européenne de cardiologie.

Gabriele Riccardi de l'Université de Naples Federico II et ses collègues ont réalisé une revue des études sur l'alimentation et les maladies cardiaques afin de dresser un état des connaissances sur la quantité et la fréquence de consommation de chaque type d'aliments.

Ils ont recensé et analysé les méta-analyses (combinaisons des données de plusieurs études) d'études de cohorte (études observationnelles établissant des corrélations) et d'essais cliniques randomisés (établissant des liens de cause à effet) sur le sujet.

« Rien n'indique qu'un aliment soit un poison en termes de risque cardiovasculaire. C'est une question de quantité et de fréquence de consommation », explique le chercheur. « Une erreur que nous avons commise par le passé a été de considérer qu'un composant du régime alimentaire était l'ennemi et la seule chose que nous devions changer. Au lieu de cela, nous devons considérer les régimes alimentaires dans leur ensemble et si nous réduisons la quantité d'un aliment, il est important de choisir un substitut sain. »

Dans l'ensemble, il existe des données cohérentes montrant que, pour les adultes en bonne santé, une faible consommation de sel et d'aliments d'origine animale, ainsi qu'une consommation accrue d'aliments d'origine végétale - notamment les céréales complètes, les fruits, les légumes, les légumineuses et les noix - sont liées à une réduction du risque d'athérosclérose. Il en va de même pour le remplacement du beurre et des autres graisses animales par des graisses végétales non-tropicales comme l'huile d'olive.

De nouvelles données permettent de distinguer la viande transformée et la viande rouge - toutes deux associées à un risque accru de maladie cardiovasculaire - de la volaille, qui ne présente pas de liens avec les risques cardiovasculaires lorsque la consommation est modérée (jusqu'à 3 portions de 100 g par semaine). La viande rouge (bœuf, porc, agneau) devrait être limitée à 2 portions de 100 g par semaine, et la viande transformée (bacon, saucisses, salami) à une consommation occasionnelle.

Les légumineuses (jusqu'à 4 portions de 180 g par semaine) sont les protéines de remplacement recommandées pour la viande rouge. Une consommation modérée de poisson (2 à 4 portions de 150 g par semaine) est également soutenue par les dernières données probantes pour la prévention des maladies cardiaques, bien qu'il puisse y avoir des problèmes de durabilité. La volaille peut être une alternative protéique appropriée à la viande rouge, mais en quantité modérée.

Quant aux fruits et légumes, étant donné leur forte association avec un risque plus faible d'athérosclérose, la consommation quotidienne devrait être augmentée jusqu'à 400 g pour chacun d'entre eux. En ce qui concerne les fruits à coque, une poignée (environ 30 g) par jour est recommandée.

Pour la population en bonne santé, les données récentes ne justifient pas la recommandation d'utiliser des produits laitiers allégés plutôt qu'entiers pour prévenir les maladies cardiaques. Au contraire, les produits laitiers, qu'ils soient entiers et pauvres en matières grasses, en quantités modérées et dans le cadre d'une alimentation équilibrée, ne sont pas associés à un risque accru.

« De petites quantités de fromage (3 portions de 50 g par semaine) et la consommation régulière de yaourt (200 g par jour) sont même liées à un effet protecteur du fait qu'ils sont fermentés », précise le chercheur. « Nous comprenons maintenant que les bactéries intestinales jouent un rôle majeur dans l'influence du risque cardiovasculaire. Les produits laitiers fermentés contiennent de bonnes bactéries qui favorisent la santé. »

En ce qui concerne les céréales, de nouveaux conseils sont donnés en fonction de l'indice glycémique (IG), les aliments à IG élevé faisant augmenter la glycémie plus rapidement que les aliments à IG faible. Les aliments à IG élevé (pain blanc, riz blanc) sont associés à un risque élevé d'athérosclérose ; leur consommation doit donc être limitée à 2 portions par semaine et ils doivent être remplacés par des aliments complets (pain, riz, avoine, orge) et des aliments à faible IG (pâtes, riz étuvé, tortilla de maïs).

Quant aux boissons, le café et le thé (jusqu'à 3 tasses par jour) sont associés à une réduction du risque cardiovasculaire. Les boissons gazeuses, y compris les options hypocaloriques, sont liées à un risque plus élevé et doivent être remplacées par de l'eau, sauf en de rares occasions. La consommation modérée d'alcool (vin : jusqu'à 2 verres par jour pour les hommes et 1 verre pour les femmes ; ou une canette de bière) est associée à un risque plus faible de maladie cardiaque par rapport à des quantités plus importantes ou à l'abstinence. Mais, souligne le chercheur, « compte tenu de l'impact global de l'alcool sur la santé, ces données doivent être interprétées comme représentant la consommation maximale autorisée plutôt que comme une quantité recommandée ».

En ce qui concerne le chocolat, les données disponibles autorisent jusqu'à 10 g de chocolat noir par jour. « Pour cette quantité, les effets bénéfiques dépassent le risque de prise de poids et ses conséquences néfastes sur la santé cardiovasculaire. »

« L'alimentation doit être agréable pour que nous puissions nous motiver à faire des changements à long terme », souligne le chercheur. « Nous devons redécouvrir les traditions culinaires telles que le régime méditerranéen qui propose de délicieuses recettes à base de légumineuses, de céréales complètes, de noix, de fruits et de légumes. »

« Une stratégie fondée exclusivement sur des lignes directrices et l'éducation nutritionnelle ne suffira pas à modifier le mode de vie de la population ; les options politiques à envisager devraient nécessairement inclure des initiatives visant à faciliter la production, la commercialisation, la disponibilité et l'accessibilité financière d'aliments qui sont non seulement sains mais aussi gastronomiquement attrayants », concluent les chercheurs.

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Psychomédia avec sources : European Society of Cardiology, Cardiovascular Research.
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