L'Agence Européenne du Médicament (EMA) a recommandé jeudi l'abandon de l'autorisation de mise sur le marché du médicament Raptiva (efalizumab) en Europe. Ce médicament était autorisé pour le traitement du psoriasis en plaques chronique modéré à sévère chez les adultes ne répondant pas à d'autres traitements tels que la ciclosporine, le méthotrexate ou la PUVAthérapie. Le Raptiva supprime des cellules du système immunitaire.

Depuis septembre 2008, 3 cas de leucoencéphalopathie multifocale progressive (LEMP), dont 2 sont décédés, ont été rapportés chez des personnes traitées depuis plus de 3 ans (2 aux États-Unis, un en Europe).

La LEMP est une infection cérébrale grave, évolutive qui peut conduire au décès ou a un handicap sévère. Elle survient habituellement chez des personnes dont le système immunitaire a été sévèrement affaibli. Des symptômes peuvent inclure une faiblesse inahituelle, une perte de coordination, des changmeents dans la vision, une difficulté à parler et des changements de personnalité. Le médicament est aussi associé à d’autres effets indésirables sérieux, mentionne la EMA dans son communiqué de presse.

Le Comité pour les produits médicaux à usage humain (CHMP) de l'Union européenne (UE) est arrivé à la conclusion que le bénéfice du Raptiva, du laboratoire Merck Serono, ne couvre plus les risques encourus.

Le Raptiva était autorisé en Europe depuis septembre 2004 et commercialisé en France depuis 2005. En France environ 1500 personnes ont été traitées par Raptiva entre juillet 2005 et décembre 2008. On estime que 560 personnes sont actuellement en cours de traitement. Aucun cas de LEMP n’a été rapporté en France.

L’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) recommande de ne plus instaurer de traitement par Raptiva et de surveiller la survenue de symptômes neurologiques et infectieux chez les personnes traitées par Raptiva pendant une période de 8 à 12 semaines après l’arrêt du traitement.

Les personnes sous traitement ne doivent pas interrompre brutalement Raptiva, précise l'Afssaps, mais consulter rapidement leur médecin afin de mettre en place le traitement de remplacement le mieux adapté.

Psychomédia avec sources:
European Medicines Agency, communiqué
Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé, communiqué
WebMD