Comportements alimentaires des familles québécoises: manque de planification, perte d'art culinaire

Près de la moitié (44%) des parents ne savent pas, à 17 h, ce qu'ils mangeront pour le souper et ce, 3 fois et plus par semaine, selon une étude du groupe Tout le monde à table, une initiative d'Extenso (Université de Montréal), qui a recueilli 32 000 réponses dans 79 villes du Québec.

Près de 35% des parents interrogés identifient le manque de temps comme principal obstacle à manger sainement et pour 21% d'entre eux, le manque de temps fait partie de leur scénario de préparation du repas.

Mais seulement 8% des parents voient la planification ou l'organisation comme obstacle à manger sainement. «Or, une meilleure planification viendrait certainement changer la routine des foyers québécois en leur donnant, entre autres... du temps!», prétend Nathalie Jobin, nutritionniste et chargée du projet Tout le monde à table.

Plus de la moitié des enfants (56%) disent ne pas cuisiner régulièrement avec leurs parents et, quand ils le font, les recettes sucrées sont à l'honneur. La perte d'art culinaire décelée par les chercheurs serait plus importante que prévue, rapporte Le Devoir. Selon l'instigatrice du projet, Marie Marquis, professeure de nutrition à l'Université de Montréal, plusieurs étudiants atteignent d'ailleurs l'université sans savoir faire une omelette.

Lors d'un soir typique de semaine, seulement une famille québécoise sur deux (51 %) dit manger en famille, sans la télévision, avec tous les membres de la famille. Un tiers des familles (34 %) prennent leur repas en regardant la télévision. Avec la présence de la télévision, on peut déduire que le souper n'est plus une occasion d'échange ni un moment d'éducation alimentaire pour une famille québécoise sur trois, estime Tout le monde à table.

Cette enquête devrait, selon ses organisateurs, servir de base à un plan d'action et de communication concernant l'alimentation au Québec. Ils proposent quatre voies d'actions prioritaires :

- Assurer le développement des compétences culinaires des enfants (par le retour des cours d'économie familiale);
- Faire reconnaître les bienfaits et le plaisir à manger en famille dans le but de modifier la norme sociale;
- Aider les familles à intégrer une meilleure planification dans leur routine de repas;
- Faire connaître les pratiques alimentaires à privilégier pour rendre la planification, la préparation et le partage de repas agréable et sain malgré tous les obstacles identifiés;
- Diminuer la présence de la télévision à table.

L'initiative Tout le monde à table d'Extenso a le soutien financier de Québec en forme. Le projet a été réalisé en partenariat avec l'Institut du Nouveau Monde et l'Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE).

Voyez également:

  • Psychomédia avec sources: Tout le monde à table, Le Devoir. Tous droits réservés.