Bisphénol: des troubles comportementaux et émotionnels chez les fillettes

Les fillettes les plus exposées prénatalement au bisphénol A présentent davantage de troubles comportementaux et émotionnels à l'âge de 3 ans, selon une étude américaine publiée dans la revue Psychiatrics, suggérant fortement que l'exposition prénatale à ce perturbateur endocrinien affecte le développement du cerveau.

Le bisphénol se trouve notamment dans plusieurs pastiques et les revêtements intérieurs des boîtes de conserve et des cannettes de soda.

Joe Braun et ses collègues des universités Harvard et Simon Fraser ont mené cette étude avec 244 mères et leurs enfants jusqu'à l'âge de 3 ans. Des échantillons d'urine ont été analysés à différents moments de la grossesse, à la naissance et jusqu'à l'âge de 3 ans. Le bisphénol a été détecté dans 85% des échantillons des urines des mères et 96% de celles des enfants.

Les taux de bisphénol pendant la grossesse étaient liées, de façon proportionnelle, à des comportements manifestant davantage d'anxiété et de dépression ainsi qu'un moins bon contrôle de l'hyperactivité et de l'agressivité à l'âge de 3 ans. Ce lien n'était pas présent chez les garçons, ce qui suggère que les filles sont plus vulnérables au bisphénol qui agit notamment d'une façon se rapprochant de l'hormone estrogène.

Par ailleurs, aucun lien n'était constaté entre les taux de bisphénol au cours des 3 années suivant la naissance, ce qui suggère que la période in utero serait une période critique au cours de laquelle le bisphénol affecte le développement du système nerveux et notamment le développement des fonctions dites exécutives (qui concernent le contrôle de soi).

La méthodologie de cette étude ne permet toutefois pas de conclure à un lien causal et certains experts mentionnent que d'autres facteurs pourraient expliquer ces résultats (telle qu'une plus grande consommation d'aliments en conserve plutôt que des aliments moins transformés). Ces résultats montrent la nécessité de poursuivre les études, soulignent les chercheurs.

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  • Psychomédia avec sources: Washington Post, Medscape. Tous droits réservés.