Le paracétamol ou acétaminophène (molécule active des Doliprane, Efferalgan, Dafalgan, Tylénol…) est lié à des risques accrus de diverses conditions de santé, selon une étude publiée dans la revue scientifique Annals of the Rheumatic Diseases.

Le paracétamol est l'antidouleur le plus largement utilisé, en vente libre et sous ordonnance, dans le monde, soulignent les chercheurs. Il est recommandé comme traitement de première intention pour plusieurs conditions douloureuses aiguës et chroniques par plusieurs autorités de santé internationales.

Il est aussi généralement considéré comme plus sûr que d'autres analgésiques couramment utilisés tels que les anti-inflammatoires non stéroïdiens (tels que l'ibuprofène) ou les opiacés.

Toutefois, le bénéfice antalgique du paracétamol a récemment été remis en question dans la gestion de la douleur aiguë du bas du dos et la douleur chronique de l'arthrose et il n'y a pas d'estimation récente des véritables risques aux doses analgésiques standards, indiquent les chercheurs.

Philip G Conaghan de l'Université de Leed et ses collègues ont réalisé une analyse systématique des études épidémiologiques existantes portant sur l'utilisation chronique du paracétamol à des doses standards. Ils ont identifié 8 études correspondant à leurs critères d'inclusion.

Une des 2 études portant sur la mortalité rapporte un risque relatif accru de 28 % en moyenne. Ce risque augmente avec la dose (jusqu'à 63 %).

Sur les 4 études portant sur les événements cardiovasculaires, l'une montrait un risque accru de 68 % (variant avec la dose); une autre montrait des risques accrus de crises cardiaques et d'AVC et les deux autres montraient un lien avec l'hypertension. Une étude rapportant des événements indésirables gastro-intestinaux (dont les saignements) indiquait une augmentation du risque avec les doses (11 % à 49 %).

Enfin, sur les 4 études rapportant des événements indésirables rénaux, 3 signalaient une diminution plus probable du taux de filtration glomérulaire - un test utilisé pour l'évaluation du fonctionnement des reins - avec l'augmentation de la dose.

Ces études ne montrent pas que les liens sont de cause à effet, précisent les chercheurs, d'autant plus que les personnes qui prennent ce médicament sont susceptibles de présenter une multitude de problèmes médicaux et de prendre d'autres médicaments. Mais les résultats montrent de façon consistante une relation dose-effet à des doses qui demeurent dans les normes, ce qui suggère la possibilité que ces médicaments soient en cause.

Bien que ces chiffres représentent des risques relatifs, le risque absolu demeure toutefois faible, soulignent-ils. Néanmoins, l'étude montre que les risques de l'utilisation chronique du paracétamol peuvent être sous-estimés, estiment-ils.

Quand les bénéfices analgésiques sont incertains, estiment-ils, comme cela a été suggéré pour le traitement des douleurs de l'arthrose et de la lombalgie aiguë, l'utilisation du paracétamol devient discutable.

Psychomédia avec sources : University of Leeds, Annals of the Rheumatic Diseases, NHS Choice
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