Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) estime que la température à la surface de la planète a augmenté de 0,85 °C en moyenne de 1880 à 2012 et devrait augmenter de 0,3 °C à 4,8 °C d'ici 2100 en fonction de l’évolution des émissions de gaz à effet de serre.

Selon Robert Vautard, chercheur au Conseil national français de la recherche scientifique (CNRS) en météorologie, dont les propos ont été recueillis par JOL Press, un monde dont la température est supérieure de 4 °C à 5 °C à l’ère préindustrielle est un monde dont la différence de température est équivalente celle qui sépare l'ère glaciaire d'il y a 20 000 ans à aujourd’hui. Il y a 20 000 ans, il faisait 4,5° plus froid aujourd’hui.

La conférence de l'ONU qui se tiendra à Paris en décembre 2015, la COP21 (21e « Conference of the Parties »), vise à conclure un accord universel et contraignant, applicable à partir de 2020 aux 195 pays membres de l'ONU, pour limiter la hausse moyenne des températures à 2 °C par rapport à l’ère préindustrielle.

Mais l'atteinte de cet objectif est loin d'être acquis. Selon le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, « il est clair » que les engagements de réduction des gaz à effet de serre publiés depuis mars par les États dans le cadre des négociations « ne suffiront pas à nous permettre de garder l’objectif de +2 °C ».

Les émissions mondiales de gaz à effet de serre doivent être réduites de 40 à 70 % entre 2010 et 2050, estime le GIEC. Il faut que la quantité accumulée d’émissions de CO2 d’origine humaine n'excède pas 800 gigatonnes de carbone à la fin du siècle. Or, depuis 1870, 531 gigatonnes de carbone ont déjà été relâchées dans l’atmosphère.

Si rien n'était fait, si les réserves de combustibles fossiles disponibles étaient entièrement utilisées, des réchauffements de l'ordre de 4 à 5 °C seraient atteints en 2100, ce qui entraînerait une poursuite de ce réchauffement au siècle suivant jusqu'à 7 ou 8 °C, selon le GIEC. Au-delà de 2100, de nombreux aspects du changement climatique continueront pendant des siècles, même si les émissions de GES cessent.

Selon les scénarios donc, la hausse moyenne planétaire est estimée entre 2° et 5°. L'Europe connaîtra, explique Robert Vautard, une augmentation générale des températures qui sera légèrement supérieure aux augmentations mondiales, et ce, de façon plus marquée dans certaines régions. Elle est estimée entre 7° et 8° en hiver dans les régions du nord de l’Europe et entre 5° et 6° dans les régions du sud en été.

« Ce changement peut paraître faible, mais il s’agit d’un véritable bouleversement. Dans les simulations pessimistes que nous obtenons pour la fin du siècle, nous trouvons des vagues de chaleur en été dont les écarts de température à la normale se situent entre 9° et 10° sur la région parisienne. Pour se donner une idée, lors de la canicule de l’été 2003, l’écart de température n’était que de 3°. Les températures pourraient donc monter jusqu’à 6° au-dessus de celles calculées en 2003, c’est-à-dire jusqu’à 45°. »

Illustration : différents scénarios élaborés par le GIEC pour le milieu et la fin du siècle dans son cinquième rapport publié en 2013.

Psychomédia avec sources : Le Monde, Libération, JOL Press, AFP (Le Devoir).
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