Il n'existe pas de données probantes démontrant une efficacité de la cryothérapie du corps entier pour quelques conditions de santé que ce soit, indiquait la Food and Drug Administration (FDA) américaine en juin 2016. Et ce « traitement » comporte des risques.

Sur la base des allégations faites dans de nombreuses promotions pour les spas de cryothérapie, les consommateurs peuvent cependant croire à tort que la FDA a autorisé ou approuvé ces dispositifs comme étant sûrs et efficaces pour traiter de multiples affections médicales, souligne Aron Yustein, médecin à la FDA. « Ce n'est pas le cas. »

« Aucun dispositif de cryothérapie du corps entier n'a été homologué ou n'a reçu l'approbation de la FDA pour appuyer ces allégations. »

« Malgré cela, les résultats d'une recherche rapide sur Internet montrent une foule de sites qui vantent les mérites de la cryothérapie du corps entier pour un certain nombre de maladies et de conditions sérieuses » dont :

  • l'asthme
  • la maladie d'Alzheimer
  • l'anxiété
  • la douleur chronique
  • la dépression
  • la fibromyalgie
  • l'insomnie
  • les migraines
  • la sclérose en plaques
  • l'arthrose
  • la polyarthrite rhumatoïde
  • la perte de poids

« Ceux qui vendent ces appareils et les installations qui les exploitent peuvent également prétendre que la cryothérapie du corps entier peut améliorer la circulation sanguine, accélérer le métabolisme, améliorer la récupération et la douleur après les séances d'entraînement des sportifs, et soulager les douleurs articulaires et corporelles. »

« Compte tenu de l'intérêt croissant des consommateurs pour la cryothérapie du corps entier, la FDA a examiné de manière informelle la littérature médicale disponible sur ce sujet », explique Yustein. « Nous avons trouvé très peu de données concernant l'innocuité ou l'efficacité dans le traitement des conditions pour lesquelles elle est promue. »

Qu'est-ce que la cryothérapie du corps entier ?

La cryothérapie peut inclure l'utilisation de produits tels que des blocs de glace sur une partie localisée du corps, comme le bas du dos. La cryothérapie corporelle complète consiste à exposer le corps à des vapeurs qui atteignent des températures ultra-basses allant de -200 à -300 degrés Fahrenheit (-128 C à -184 C). Les gens sont enfermés dans des espaces relativement confinés, généralement pendant 2 à 4 minutes, d'une des deux façons suivantes :

  • Une personne se tient seule dans un cylindre de format individuel qui est ouvert sur le haut. Le torse et les jambes sont enfermés dans l'appareil et exposés à des températures froides pendant que la tête reste au-dessus de l'enceinte à température ambiante.

  • Plusieurs personnes sont assises ou debout dans une chambre totalement fermée pendant deux à quatre minutes. Tout le corps, dont la tête, est exposé à des températures glaciales générées par l'azote liquide. Certains appareils de cryothérapie fonctionnent en refroidissant l'air dans un circuit.

Que se produit-il physiologiquement ? Quels sont les effets de telles températures sur la tension artérielle, la fréquence cardiaque et le métabolisme ?

« Nous ne savons tout simplement pas », explique Anna Ghambaryan, scientifique à la FDA. À l'heure actuelle, il n'y a pas suffisamment d'information publique pour nous aider à répondre à ces questions.

Cependant, même si les bienfaits curatifs de la cryothérapie demeurent non confirmés, les risques potentiels sont évidents, note-t-elle.

Les dangers potentiels incluent l'asphyxie, en particulier lorsque de l'azote liquide est utilisé pour le refroidissement, explique-t-elle. L'ajout de vapeurs d'azote diminue la quantité d'oxygène présente dans la pièce et peut entraîner une hypoxie, ou un déficit en oxygène, qui pourrait entraîner une perte de conscience. De plus, les utilisateurs courent le risque de gelures, de brûlures et de blessures oculaires causées par les températures extrêmes.

Notons que les études portant sur la cryothérapie du corps entier ont souvent la lacune de ne pas comporter de groupe de comparaison recevant un traitement placebo dans le cadre d'un protocole en double aveugle. Elles sont aussi menées avec un petit nombre de participants, ce qui leur donne une faible puissance statistique (résultats peu représentatifs). Enfin, elles sont aussi souvent à fort risque de biais liés à des conflits d'intérêts. Prudence.

Pour plus d'informations sur la gestion de la douleur chronique, voyez les liens plus bas.

Psychomédia avec source : FDA.
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