Dans son quatrième rapport annuel, rendu public le 24 janvier, la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) constate que les sectes sont de plus en plus actives dans le domaine de la formation "professionnelle" en n'affichant pas, de prime abord, de signes de prosélytisme.

Les formations représentent des sources importantes de revenus pour ces organisations qui proposent fréquemment des produits annexes : tests, CD-Roms, cours à télécharger, matériel d'accompagnement, aide à l'installation, voyages..." Ces offres de formations s'accompagnent souvent "d'une incitation forte, voire d'une quasi contrainte, à enchaîner les stages pour accéder aux grades plus élevés...".
Mais selon la Miviludes, il ne faut pas voir des sectes partout : on peut parler de "dérive sectaire" quand il y a une "mise en état de sujétion", c'est-à-dire une emprise manifeste sur la personne, qui s'insinue dans la vie de tous les jours. Cette dérive se caractérise également par la rupture des liens familiaux et la disparition du patrimoine de la personne.

Le rapport mentionne un risque sectaire dans le domaine psychothérapeutique de l'Analyse Transactionnelle. Il cite aussi la formation non reconnue de "praticien en analyse et réinformation cellulaire", mélange de psychothérapie et de naturopathie qui "vise à rétablir l'harmonie entre le corps, l'esprit et son environnement", la formation de Doula (accompagnatrice d'accouchement) ou encore la formation de "guérisseur à mains nues".

Autre exemple, Miviludes s'inquiète du développement des stages de "mieux-être" utilisant une plante hallucinogène d'origine africaine, l'iboga. Ces stages sont une adaptation de pratiques chamaniques africaines qui accompagnent les rites d'initiation des adolescents. La Miviludes remarque que dans les rites africains, cet usage est strictement dosé. Le ministère de la Santé, alerté sur le fonctionnement de ces "stages", a indiqué que l'iboga constitue, à forte dose, un hallucinogène et qu'à faible dose, il peut être considéré comme un psycho-stimulant. L'Agence française de sécurité sanitaire a ouvert une enquête sur ce produit à la suite du décès d'un "stagiaire" ayant consommé la plante.

La Miviludes précise qu'elle participe, parfois en tant qu'organisatrice, à des actions de formation ou d'information sur les risques de dérives sectaires. En 2006, 70 sessions ou journées de formations ont ainsi été organisées regroupant plus de 2000 personnes. Les collectivités territoriales demandent ces formations car ses "agents sont peu informés ou peu préparés pour aborder la dimension sectaire d'un dossier à traiter" constate les rapporteurs.

Psychomédia avec sources:
Locatis.info
LCI.fr
Site internet de Miviludes

Voyez également:

Propositions de mesures pour protéger les mineurs des sectes (France)
Les sectes de plus en plus actives auprès de mineurs (France)