Nombre d'avortements élevé en France, lacunes côté contraception

Malgér une très large utilisation de la contraception, le nombre d'avortements (interruption volontaire de grossesse - IVG) en France reste très élevé, environ 200.000 par an, soit 14 IVG pour mille femmes de 15 à 49 ans. 40 % des femmes auront recours à l'IVG lors de leur vie reproductive, rapporte Nathalie Bajos, sociodémographe à l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm).

Dans les années 75-85 l'ordre de grandeur du taux avortement/naissances était de l'ordre de 33% en France, mais il a chuté depuis et se rapproche lentement de 25% dans les années 2000. Après le pic de 1976 la tendance est à une baisse régulière selon l'INED.

Pour remédier à cette situation, une campagne d'information devrait être lancée par le ministère de la Santé à la rentrée 2007.

L'absence de contraception n'est à l'origine que de 28% des avortements, selon le baromètre santé 2005 de l'INPES (Institut national de prévention et d'éducation à la santé). Plus de la moitié des femmes ayant eu recours à l'IVG utilisaient des contraceptifs efficaces.

Selon le directeur général de l'INPES Philippe Lamoureux, cela pourrait s'expliquer par la difficulté pour les femmes à gérer la contraception au quotidien, la persistance "de fausses croyances" et un recours encore inégal à la contraception d'urgence ("pilule du lendemain").

En 2005, les 3/4 des personnes âgées de 15 à 54 ans et sexuellement actives utilisaient un moyen de contraception, la pilule étant le plus répandu (près de 60% des femmes sous contraception, 88 % des 20-24 ans), suivie du stérilet (24%) qui est cependant très rare chez les moins de 30 ans ou chez les femmes qui n'ont pas eu d'enfant.

Selon une enquête Inpes/BVA menée en février dernier auprès de 2.004 personnes, plus d'une femme sur cinq utilisant la pilule déclare l'oublier au moins une fois par mois, les 3/4 l'oubliant au moins une fois par an. Or, en cas d'oubli de plus de 3 heures pour une pilule microdosée et de plus de 12 heures pour une pilule oestroprogestative, celles-ci ne sont plus efficaces.

En 2004, une femme sur deux avait changé de contraception six mois avant de se faire avorter. «L'offre n'est pas assez adaptée au mode de vie et à la vie sexuelle de chacune des femmes», explique Bajos qui estime que certains automatismes, qui veulent que la contraception de premier choix pour les jeunes femmes sans enfants soit la pilule puis éventuellement le stérilet après les maternités, sont trop rigides.

En ce qui concerne les "fausses croyances" et les méconnaissances, l'enquête de l'INPES montre que seulement 5% des Français (15% des 15-20 ans) qui connaissent la contraception d'urgence savent qu'il est possible de l'utiliser jusqu'à 72 heures après un rapport non protégé. De même, 53% des Français croient qu'une femme ne peut pas tomber enceinte si elle a un rapport sexuel pendant ses règles et un jeune sur 10 âgé de 15 à 20 ans n'a pas conscience que la pilule ne protège pas du virus du sida et des infections sexuellement transmissibles.

Par ailleurs, les Français connaissent peu "nouveaux" moyens contraceptifs tels que le patch contraceptif et l'anneau vaginal.

Expliquer les différents moyens de contraception, leurs avantages et désavantages prend considérablement de temps, un temps qui n'est peut-être pas toujours pris dans la pratique de la médecine. Prenez le temps de vous informer et préparez vos questions.

Sources:
France 2
Libération
Wikipedia

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