L'accès à l'IVG et à la contraception est encore compliqué en France

Le Mouvement français pour le Planning Familial interpelait la semaine dernière l'Inspection Générale des Affaires Sociales (Igas) s'inquiétant des conditions d'accès à l'interruption volontaire de grossesse (IVG) et s'étonnant de l'absence de publication d'un rapport attendu sur ce sujet. La région Ile-de-France interpelait également le gouvernement sur les fermetures récentes et à venir des centres IVG.

Ce rapport de l'Igas, dont AFP a obtenu copie, doit être remis mardi à la ministre de la Santé, Mme Roselyne Bachelot. Trente-cinq ans après la loi Veil, qui légalisait l'avortement, l'accès à l'IVG et à la contraception demeure compliqué en France, constate le rapport.
L'Igas déplore que:

- les IVG tardives ne soient pas prises en charge partout;

- les délais demeurent longs dans certaines zones de fortes demandes, notamment les grandes villes;

- le nombre d'établissements pratiquant l'IVG soit passé de 729 en 2000 à 639 en 2006, réduisant de fait le choix quant aux méthodes d'IVG ("peu attractive" financièrement, l'IVG chirurgicale est de moins en moins pratiquée, note l'Igas, qui regrette un recours trop fréquent à l'IVG médicamenteuse);

- un "niveau préoccupant" d'échecs des moyens de contraception ( dans 72% des IVG, les femmes étaient sous contraception) indique une "inadéquation des méthodes et pratiques contraceptives", la diversification des modes de vie, l'évolution des relations de couple n'étant pas suffisamment prises en compte au moment de la prescription;

- le droit des jeunes à un accès autonome à la contraception soit dénié dans les faits puisqu'ils doivent présenter la Carte vitale de leurs parents pour se faire rembourser; le coût de la contraception est souvent trop élevé pour les jeunes;

- le recours à la "pilule du lendemain" soit "trop faible pour entraîner une diminution du nombre d'avortements";

- l'Education nationale ne joue pas suffisamment son rôle en matière d'éducation sexuelle, ce qui constitue pourtant une obligation légale depuis 2001.

- l'accessibilité aux centres de planification familiale demeure "limitée.

Le rapport suggère, alors que le recours à la pilule est particulièrement élevé en France, de "promouvoir les méthodes moins sujettes aux problèmes d'observance", comme le stérilet.

Il prône aussi des campagnes de communication sur la contraception plus fréquentes.

Mme Bachelot a indiqué vendredi qu'elle préparait des mesures pour garantir un égal accès à l'avortement sur le territoire et promis une consultation médicale gratuite et anonyme pour les mineures. Il est aussi prévu d'augmenter de 10% la rémunération des établissements pratiquant l'IVG.

Le nombre global d'interruptions volontaires de grossesse (IVG) est stable en France depuis 2002: 210.000 par an selon une étude de la DREES (ministères de la Santé et Affaires sociales) publiée en 2008, soit 14 IVG pour 1000 femmes de 15 à 49 ans; 40 % des Françaises auront recours à l'IVG au cours de leur vie reproductive, rapportait en 2007 Nathalie Bajos, sociodémographe à l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm).

Psychomédia avec sources:
Doctissimo, Le Figaro (AFP), Le Point (AFP)

Voyez également:

IVG en France: médicamenteuse dans 46% des cas et en augmentation chez les jeunes (France)
40% des Françaises auront recours à l'IVG (avortement) au cours de leur vie
Desobel Gé 20, pilule de 3e génération faiblement dosée, remboursée (France)