Normalement, durant l'éveil, les muscles sont contractés afin de soutenir le corps mais dans la cataplexie, les muscles "s'endorment" et deviennent paralysés. La cataplexie est invalidante car elle laisse la personne éveillée et consciente, paralysée entièrement ou partiellement (1). Il s'agit d'un des symptômes de la narcolepsie, un trouble du sommeil.

Dans une étude publiée dans la revue Current Biology, John Peever et Christian Burgess de l'Université de Toronto ont montré que la neuro-dégénérescence des cellules du cerveau qui synthétisent le neurotransmetteur hypocrétine (ou orexine) (2) provoque un dysfonctionnement du système de la noradrénaline qui entraîne une dissociation des systèmes moteur et cognitif.

Ils ont mené cette étude avec des souris dont l'hypocrétine était désactivée. Ils ont d'abord établi que les souris connaissaient des pertes soudaines de tonus musculaire lors d'épisodes de cataplexie. Ils ont ensuite administré des médicaments qui inhibaient ou activaient un sous-ensemble particulier de récepteurs adrénergiques qui sont la cible de la noradrénaline.

L'incidence de la cataplexie était réduite de 90 % en activant les récepteurs de noradrénaline. L'inhibition des mêmes récepteurs augmentait l'incidence de 92 %. L'étape suivante était de montrer comment la désactivation de l'hypocrétine affecte les cellules du cerveau qui contrôlent directement les muscles.

Ils ont constaté que la noradrénaline est responsable de maintenir les neurones moteurs et les muscles actifs. Au cours de la cataplexie, les niveaux de noradrénaline disparaissent, ce qui force les muscles à relaxer et provoque une paralysie.

Cette interaction entre l'hypocrétine et la noradrénaline pourrait notamment contribuer à expliquer le somnambulisme et les liens entre l'hypocrétine et les crises de panique.

(1) Au contraire, durant le sommeil, particulièrement durant le sommeil paradoxal, les muscles sont normalement paralysés, empêchant de mettre les rêves en action.

(2) Les neurones à orexine, situés dans l'hypothalamus, jouent un rôle important dans le maintien de l'éveil et l'inhibition du sommeil paradoxal.

Psychomédia avec source: University of Toronto.
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