Les somnifères n'accélèrent l'endormissement que de 22 minutes comparativement à un placebo, selon une étude publiée dans le British Medical Journal (BMJ).

Tania B Huedo-Medina de l'Université du Connecticut et ses collègues américains et britanniques ont réalisé une méta-analyse de 13 études publiées et non publiées déposées à l'Agence du médicament américaine (FDA). Leur analyse portait sur les somnifères (dits médicaments hypnotiques) non benzodiazépines commercialisés aux États-Unis: zopiclone (nom commerciaux: Imovane, Zimovane), zolpidem (Zolpidem, Stilnox, Ambien) et zaleplon (Sonata et Starnoc).

Cette classe de somnifères est maintenant la plus prescrite dans le monde bien qu'elle soit associée à des effets secondaires et des risques tels que les pertes de mémoire, les chutes, la fatigue diurne, la dépendance, un potentiel d'addiction et une plus grande mortalité. Ces risques doivent être balancés par des bénéfices, soulignent les chercheurs.

Quand le temps d'endormissement était mesuré en laboratoire, il était réduit en moyenne de 22 minutes (variant entre 11 et 33 minutes) chez ceux qui prenaient ces somnifères comparativement à ceux qui prenaient un placebo. Quand le temps n'était pas mesuré en laboratoire mais par les participants eux-mêmes, la différence n'était que de 7 minutes.

L'effet placebo comptait ainsi pour la moitié de la réponse aux médicaments (c'est-à-dire que ceux qui les prenaient s'endormaient en moyenne après 44 minutes et ceux qui prenaient le placebo après 22 minutes).

Les chercheurs estiment que cet effet modeste des somnifères ne compensent pas les effets secondaires et les risques auxquels ils sont associés. D'autant plus que, soulignent-ils, toutes les études analysées ayant été financées par l'industrie pharmaceutique, elles risquent de présenter un biais qui sur-estime l'efficacité de ces médicaments.

Puisque l'effet placebo est un phénomène psychologique, disent-ils, une plus grande attention devrait être portée vers les interventions psychologiques pour traiter l'insomnie, suggèrent-ils.

Psychomédia avec sources: NHS Choice, BMJ Tous droits réservés