L'influence des média ne serait pas la cause de l'augmentation des cas d'anorexie chez les jeunes enfants

Des enfants de plus en plus jeunes souffriraient de troubles alimentaires et d'anorexie, selon des chercheurs de l'University College London qui ont analysé les données de 35 hôpitaux publics britanniques. Plus de 2.000 enfants de 5 à 15 ans ont été traités pour des troubles alimentaires ces trois dernières années, ce qui représenterait une augmentation importante par rapport aux années précédentes. Parmi ces enfants, près de 600 avaient moins de 13 ans, une centaine avaient entre 8 et 9 ans et une centaine étaient entre 5 à 7 ans.

Parmi les enfants suivis:
- 37% ont reçu un diagnostic d'anorexie,
- 43% de trouble alimentaire non spécifié,
- 1,4% de boulimie ou d'hyperphagie boulimique,
- 19% présentaient des symptômes de troubles de l'alimentation (sous-poids, évitement) sans rencontrer les critères diagnostiques.

Selon une étude parue en avril dernier dans le British Journal of Psychiatry, les antécédents familiaux de maladie mentale et les problèmes alimentaires précoces sont des facteurs de risque important chez les jeunes enfants atteints de trouble alimentaire en Angleterre et en Irlande : 44% avaient un membre de leur famille proche ayant des antécédents de maladie mentale, le plus souvent d'anxiété ou de dépression; 20% avaient eu des antécédents de problèmes d'alimentation.

Alors que les média ont attribué cette augmentation des cas d'anorexie chez les enfants aux modèles de minceur véhiculés par la culture, Rachel Bryant-Waugh, de l'Hôpital Great Ormond Street, a indiqué à la BBC, qu'à sa connaissance, il s'agit rarement d'un facteur qui contribue au développement de la maladie chez les jeunes enfants. Ils peuvent avoir un sous-poids et une difficulté à manger pour plusieurs raisons.

  • Les causes de l'anorexie demeurent mal connues. Une étude publiée en mai dernier montrait que, chez les personnes anorexiques, la libération du neurotransmetteur dopamine dans le cerveau, associée à la nourriture mais aussi aux drogues (et possiblement à d'autres stimulations plaisantes), ne provoquerait pas un plaisir mais une anxiété.

  • Une étude publiée en 2007, montrait qu'il y aurait, chez les femmes souffrant d'anorexie, une différence dans l'activité d'une partie spécifique du cerveau, l'insula, qui est importante pour reconnaître et apprécier le goût.

Voyez également:

BBC, Gloge and Mail
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