Crises de panique: traitement centré sur la respiration ou psychothérapie cognitive?

Une thérapie centrée sur la respiration est plus efficace pour réduire les symptômes d'une crise de panique (attaque de panique) que la psychothérapie cognitive, selon une étude publiée dans le Journal of Consulting and Clinical Psychology.

Alicia E. Meuret de l'Université Southern Methodist à Dallas et ses collègues ont mené cette étude avec 41 personnes qui recevaient cette thérapie ou une thérapie cognitive pour le trouble panique et l'agoraphobie.

La thérapie centrée sur la respiration vise à réduire l'hyperventilation qui est un état très inconfortable caractérisé par des niveaux sanguins de dioxyde de carbone anormalement bas. L'hyperventilation entraîne des symptômes physiques souvent ressentis comme terrifiants par les personnes souffrant de trouble panique.

Les participant faisaient des exercices de respiration deux fois par jour afin de réduire l'hyperventilation chronique et aiguë et les symptômes physiques associés. Un appareil leur fournissait du feedback sur leur niveau de CO2. Le but de ces exercices est de réduire les symptômes par une respiration plus lente, et surtout moins profonde. Contrairement à la croyance, prendre de grandes respirations empire l'hyperventilation et les symptômes, indique Meuret.

La thérapie cognitive traditionnelle enseigne des techniques qui visent à aider à changer les pensées catastrophiques afin de réduire la peur et la panique.

Les deux traitements étaient également efficaces pour réduire les symptômes, dit Meuret. Mais la thérapie centrée sur la respiration entraînait un changement du niveau de dioxide de carbone qui diminuait les symptômes de panique, dit Meuret. Alors que la thérapie cognitive ne changeait pas la physiologie de la respiration.

Avec la thérapie cognitive, dit-elle, si une personne rapportent qu'elle a peur de suffoquer, le thérapeute lui demande combien de fois elle s'est réellement étouffée au cours d'une attaque de panique, afin de modifier sa façon de penser. Ce processus est très difficile pour plusieurs, considère Meuret.

L'hypothèse est que si les gens s'inquiètent moins de leurs symptômes, cela devrait normaliser leur physiologie, mais cette étude montre que ce n'est pas le cas, dit-elle. L'hyperventilation reste inchangée, ce qui pourrait être un facteur de risque de rechute. Et, en plus de générer des symptômes, l'hyperventilation est un état biologique malsain associé à des conséquences négatives sur la santé, ajoute-t-elle.

Dans les faits, une psychothérapie cognitive combine habituellement l'approche centrée sur la respiration afin de contrôler l'hyperventilation.

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