Autisme : la France peine à se sortir de la psychanalyse

La France peine à se sortir de la psychanalyse en ce qui concerne l'autisme.

A l’occasion des premières rencontres parlementaires sur l’autisme, qui se sont déroulées le 12 janvier, Valérie Létard, sénatrice et ancienne secrétaire d'Etat à la Solidarité, a remis un rapport-bilan sur le plan autisme 2008-2010 à Marie-Anne Montchamp, actuelle secrétaire d'État.

Ce dernier fait notamment état d'un objectif non rempli de création de places d'accueil pour les enfants et les adultes et de la problématique des "divergences persistantes sur les modes d’accompagnement".

"L’opposition, entre des conceptions de nature essentiellement psychanalytique, portées par une large proportion de psychiatres, et la demande pressante exprimée par les associations de familles, d’un recours aux approches éducatives et thérapeutiques développées au niveau international a marqué ce secteur du handicap", note le rapport.

"La France connaît, note-t-il, par rapport à de nombreux pays, (...) un retard important dans l’approche de ces troubles et par voie de conséquences dans la mise en place de méthodes d’accompagnement et éducatives adaptées."

"Depuis les années 1980, la classification internationale des syndromes autistiques comme troubles envahissants du développement a conduit à l’abandon de la théorie psychogénétique de l’autisme et de la notion de psychose autistique dans la quasi-totalité des pays, à l’exception de la France et de certains pays d’Amérique latine, où la culture psychanalytique exerce une influence particulièrement importante dans la pratique psychiatrique."

Le Gouvernement a clarifié sa position par rapport à ces divergences, comme l'a exprimé Mme Montchamp lors de son discours aux rencontres parlementaires: "Je veux le dire avec force : pour le Gouvernement, les choses sont très claires : (...) L’autisme est enfin sorti du répertoire des psychoses en France en 2010 (faisant référence à l'état des lieux publié par la Haute Autorité de Santé). Cette réalité doit être connue de l’ensemble de nos compatriotes".

Mais, constate le rapport de Mme Létard, "(...) l’on peut encore observer de nombreux freins à l’acceptation d’un changement de paradigme, au passage de la conception de psychose à celle de trouble du développement, et au remplacement du primat du soin par celui de l’éducation."

"Des psychiatres français qui sont en charge du diagnostic ont continué à utiliser la Classification Française des Troubles Mentaux de l’Enfant et de l’Adolescent (CFTMEA). Dans sa version 2007, celle-ci introduit bien le terme Trouble envahissant du Développement, mais garde comme synonyme « psychose précoce » et l’inclut dans la grande catégorie « Autisme et troubles psychotiques ». Ceci contribue à maintenir une confusion et à s’écarter des consensus internationaux et des référentiels établis par la communauté scientifique française."

Une "transmission difficile de l’état des connaissances dans les formations initiales", est relevée: la formation initiale des Universités de médecine ne traite généralement pas de l’autisme, et "la formation des psychologues est largement orientée (...) sur les théories psychanalytiques, seules quelques universités offrant des diplômes en psychologie scientifique ou comportementale".

Le rapport formule 50 recommandations pour "relancer la dynamique du Plan Autisme".

Consulter le rapport sur le site du ministère de la Solidarité: Evaluation de l’impact du Plan Autisme 2008-2010: Comprendre les difficultés de sa mise en œuvre pour mieux en relancer la dynamique.

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Illustration : Divan de Freud

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