La Haute Autorité de Santé (HAS) et l'Agence nationale de l'évaluation et de la qualité des établissements et services sociaux et médico-sociaux (Anesm) ont publié, jeudi 8 mars, leurs recommandations de bonne pratique sur la prise en charge des enfants et adolescents souffrant de troubles envahissants du développement (TED).

Elles estiment qu'il est impossible de conclure à "la pertinence" des interventions fondées sur les approches psychanalytiques et la psychothérapie institutionnelle, qu'elles considèrent comme "non consensuelles".

Elles recommandent un projet personnalisé d’interventions pour chaque enfant, fondées sur une approche éducative, comportementale et développementale en respectant des conditions de mise en œuvre ayant fait preuve de leur efficacité.

Elles recommandent par ailleurs aux parents d'être "particulièrement prudents vis-à-vis d'interventions présentées comme permettant de supprimer complètement les manifestations des TED" : aucun traitement ne permet de guérir l'autisme, ni d'en supprimer totalement les troubles.

En ce qui concerne le packing, la HAS et l'Anesm, "en l'absence de données relatives à son efficacité ou à sa sécurité", se déclarent "formellement opposées à l'utilisation de cette pratique". A l'exception des essais cliniques autorisés et "respectant la totalité des conditions définies par le Haut Conseil de la santé publique", dont l'un est en cours au CHRU de Lille, mené par le Pr Pierre Delion. Les pratiques de ce dernier ont fait l'objet d'actions juridiques de la part de l'association Vaincre l'autisme.

Si elles n'assurent pas nécessairement des changements rapides dans les pratiques car la psychanalyse n'est pas formellement interdite, ces nouvelles recommandations ouvrent la voie à des plaintes et des actions contre les pratiques inefficaces et dommageables.

Communiqué de presse et rapport de la HAS

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