Le lien entre réaction émotive au stress et risque de dépression mieux compris

Plusieurs études ont montré que le neuropeptide Y (NPY), une molécule du cerveau, contribue à réduire l'anxiété en réponse à des événements stressants.

Une nouvelle étude, publiée dans les Archives of General Psychiatry, montre que les personnes prédisposées génétiquement à avoir des niveaux plus faibles de cette molécule ont une réponse à des situations négatives plus grande dans les circuits du cerveau liés aux émotions. Elles sont ainsi moins résistantes face au stress et plus à risque de souffrir d'anxiété et de dépression.

Il s'agit, soulignent les chercheurs, d'un mécanisme physiologique de la dépression indépendant des cibles précédentes de recherche telles que les neurotransmetteurs sérotonine, dopamine et noradrénaline (sur lesquels agissent les antidépresseurs).

Jon-Kar Zubieta et Brian Mickey de l'University du Michigan ont mené trois études avec des personnes souffrant de dépression majeure et d'autres en bonne santé (dont le nombre variait entre 60 et 150). Dans une première, ils mesuraient l'expression du neuropeptide Y et, au moyen d'imagerie cérébrale, la réponse du cerveau à des mots positifs, neutres ou négatifs tels que espoir, matériel ou meurtrier.

Les participants ayant un faible niveau du neuropeptide présentaient une activité beaucoup plus grande dans une zone du cerveau associée à la régulation des émotions, le cortex préfrontal, que ceux ayant un niveau élevé.

Dans une seconde expérience, les chercheurs mesuraient la réponse à une injection de solution saline dans un muscle de la mâchoire provoquant une douleur modérée pendant environ 20 minutes. Les participants ayant un faible niveau du neuropeptide évaluaient leur réaction émotionnelle comme étant plus négative lorsqu'ils anticipaient ce stress et après ce dernier.

Enfin, une troisième étude montrait que les participants qui portaient la variation génétique liée au niveau du neuropeptide étaient beaucoup plus susceptibles d'avoir reçu un diagnostic de dépression majeure.

Les chercheurs espèrent que ces travaux conduiront éventuellement à un diagnostic précoce de la dépression et d'autres maladies psychiatriques, et au développement de traitements personnalisés en fonction du profil génétique.

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Psychomédia avec sources: WebMD, Eurekalert
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