L'antidiabétique Actos entraîne aussi une prise de poids en agissant sur le cerveau

Les médicaments antidiabétiques Actos (pioglitazone) et Competact (pioglitazone et metformine), du laboratoire Takeda, font actuellement l'objet d'une controverse en France concernant leur maintien sur le marché depuis que s'est ajouté le risque accru de cancer de la vessie à la liste d'autres risques connus qui sont, rapporte Le Figaro, ceux d'insuffisance cardiaque, d'œdèmes et de fractures ainsi que de prise de poids.

L'Actos appartient à la classe des glitazones (ou thiazolidinédiones). L'Avandia (rosiglitazone), récemment retiré du marché en raison des risques cardiovasculaires accrus, appartient aussi à cette classe.

Une étude, publiée le 1 er mai dans la revue Nature Medicine, décrit comment cette classe entraîne la "prise de poids considérable". Un effet secondaire déplorable pour plusieurs patients qui tentent justement de perdre du poids afin de mieux contrôler leur diabète.

Randy Seeley et ses collègues de l'Université de Cincinnati ont constaté qu'un système moléculaire ciblé par les glitazones, le PPAR-y (récepteurs activables par les proliférateurs de peroxysomes), est aussi activé par la consommation d'aliments riches en graisses. Ces récepteurs se trouvent dans les tissus adipeux où ils régulent la production des cellules adipeuses. La présente étude montre qu'ils jouent également un rôle dans le cerveau.

Lorsque ces médicaments sont administrés à des rongeurs, ils prennent du poids, ce qui est lié à l'activation du système PPAR-y dans le cerveau. Cette action entraîne un changement de l'activité dans des régions qui régulent l'appétit.

L'étude a aussi monté qu'en limitant expérimentalement l'activité du système PPAR-y, la prise de poids était réduite lors de l'exposition à un régime riche en graisse.

"Ces travaux aident à comprendre la relation complexe entre les graisses corporelles, l'appétit et le diabète de type 2, explique Seeley. Les cellules graisseuses constituent en fait une protection en agissant comme dépositaires pour l'excès de nutriments qui causent des dommages lorsqu'il est stockés dans d'autres tissus comme le foie et les muscles. «C'est lorsque les nutriments sont stockés dans ces cellules que le risque de maladies métaboliques telles que diabète de type 2 est accru."

C'est pourquoi, dit-il, cette classe d'antidiabétiques est efficace pour diminuer la glycémie. Les cellules adipeuses produites stockent des éléments nutritifs qui, autrement, seraient nuisibles s'ils étaient stockés dans d'autres régions du corps.

L'étude a été financée par le National Institute of Diabetes and Digestive and Kidney Diseases.

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Science Daily, Le Figaro
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