Depuis des années, les chercheurs en neurosciences se demandent comment deux protéines anormales, appelées bêta-amyloïde et tau, s’accumulent dans le cerveau (respectivement à l'extérieur et à l'intérieur des neurones) et finissent par l’endommager et causer la maladie d’Alzheimer.

Laquelle des deux protéines « catalyse » la démence ? Les deux, selon une étude publiée dans la revue Molecular Psychiatry.

Sur une période de deux ans, l’équipe du Dr Pedro Rosa-Neto de l’Université McGill (Québec) a évalué les performances de 120 personnes sans trouble cognitif, âgées en moyenne de 75 ans.

Les taux d’amyloïde étaient mesurés grâce à des scanneurs TEP et ceux de la protéine tau par des analyses du liquide céphalo-rachidien.

Leurs analyses montrent que les interactions entre les protéines bêta-amyloïde et tau entraînent des dommages cérébraux chez des personnes ne présentant aucun trouble cognitif et permettent d'identifier les personnes les plus à risque de développer la maladie d’Alzheimer.

« Nous avons constaté que les deux protéines conjuguent leurs effets toxiques individuels et provoquent ainsi un dysfonctionnement cérébral typique de la maladie d’Alzheimer », explique le chercheur.

Cette découverte remet en cause des théories qui voulaient qu’une seule des deux protéines soit responsable de la progression de la maladie, explique le chercheur.

Jusqu’à maintenant, les essais cliniques de médicaments expérimentaux ciblaient un ou l'autre des deux processus pathologiques.

Cette étude ouvre la voie à de nouveaux traitements destinés à prévenir ou stabiliser la maladie d’Alzheimer, soulignent les chercheurs.

Psychomédia avec sources : Université McGill, Molecular Psychiatry.
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