Un nouveau scandale secoue le monde du médicament. Il concerne un antihypertenseur dont les ventes ont été propulsées par une étude publiée en 2009 dans l'European Heart Journal.

Les résultats montraient, en plus de l'effet antihypertenseur, une réduction des risques d'angine de poitrine et d'accident vasculaire cérébral (AVC). Ces résultats si positifs ont entraîné, chose rare, une interruption prématurée de l'étude afin de permettre à tous les participants de bénéficier du médicament.

Il s'agit du valsartan (noms commerciaux : Tareg et Diovan) de Novartis dont le chiffre d'affaires mondial a atteint plus de 6 milliards de dollars en 2010.

Mais début 2013, deux des études du chercheur, Hiroaki Matsubara de l'Université préfectorale de médecine de Kyoto (KPUM), traitant des effets du valsartan ont éte retirées du Circulation Journal puis quelques jours plus tard, l'étude de l'European Heart Journal était à son tour retirée en raison de "problèmes cruciaux" dans certaines des données, était-il indiqué.

Les conclusions d'une enquête de l'université KPUM ont été rendues publiques le 11 juillet : des données sur les participants avaient été falsifiées pour faire apparaître les fameux "bénéfices" concernant les angines de poitrine et les AVC.

Une des personnes impliquées dans la gestion des données était employée par Novartis. La revue Science indique que le laboratoire d'Hiroaki Matsubara a reçu, pour ses recherches, environ 1,4 million de dollars de la part de Novartis.

Le Valsartan fait partie de la classe des antagonistes des récepteurs de l’angiotensine II (aussi appelés ARA II ou sartans). Une évaluation médico-économique de la HAS (Haute autorité française de santé) rendue publique en mai dernier concluait que le coût deux fois plus élevé des ARAII comparativement à d'autres classes de médicaments antihypertenseurs n’est pas justifié au regard des bénéfices cliniques supplémentaires qu'ils apportent. Il s'agit pourtant de la classe la plus prescrite (38% des prescriptions).

Psychomédia avec sources: Le Monde, The Heart. Tous droits réservés