La Haute autorité de santé (France) a réalisé une évaluation médico-économique des différentes classes de médicaments contre l'hypertension artérielle et constaté des disparités de prix non justifiées au regard de l'efficacité. Le coût pour l’Assurance maladie des médicaments antihypertenseurs s'élève à plus de 2,3 milliards d’euros par an.

La HAS a comparé les 5 principales classes d’antihypertenseurs sur le critère de l’efficience, qui met en relation des dimensions cliniques (efficacité, tolérance et capacité du patient à suivre son traitement) et des dimensions économiques.

Ces 5 classes sont :

  • les diurétiques thiazidiques (DIUth),
  • les bêtabloquants (BB),
  • les inhibiteurs calciques (ICa),
  • les inhibiteurs de l’enzyme de conversion (IEC),
  • les antagonistes de l’angiotensine II (ARAII).

L'analyse confirme "que les bêtabloquants ne sont pas efficients en l’absence de complications cardiovasculaires. Ces résultats sont en concordance avec les recommandations étrangères".

Pour ce qui est des 4 autres classes, les DIUth, IEC, ICa, ARAII, qui ont à ce jour une place dans le traitement dans l’hypertension non compliquée, elles ne sont pas équivalentes en termes d’efficience.

Les DIUth, IEC, ICa sont à considérer en priorité en instauration de traitement, "car ils permettent de rendre maximal le bénéfice collectif net attendu du traitement de l’hypertension". Le coût globalement deux fois plus élevé des ARAII n’est pas justifié au regard des bénéfices cliniques supplémentaires qu'ils apportent. Il s'agit pourtant de la classe la plus prescrite (38% des prescriptions), suivie par les DIUth (26%).

Jean-Luc Harousseau, président de la HAS, se dit optimiste sur l'impact de cette étude médico-économique. La précédente, portant sur les statines (médicaments anticholestérol) et effectuée en 2010, n’a pas eu d’effet sur le niveau de prise en charge par l’assurance-maladie ou sur le choix de prescription des médecins, rapporte Le Nouvel Observateur.

Voyez sur le site de la HAS : Communiqué et rapport

Psychomédia avec sources: Le Parisien, Nouvel Observateur. Tous droits réservés