Des signes de conscience chez des personnes considérées en état végétatif

Un homme de 29 ans victime d'un accident de la route, considéré pendant 5 ans comme étant dans un état végétatif et ne pouvant communiquer physiquement d'aucune façon, serait capable de répondre mentalement par "oui" ou "non" à des questions concernant sa vie, révèle une étude publiée dans le New England Journal of Medicine.

Adrian Owen de l'Université de Cambridge (Royaume-Uni) et Steven Laureys de l'Université de Liège (Belgique) avaient décrit en 2006, le cas d'une jeune femme considérée en état végétatif dont le cerveau, indiquaient des images cérébrales par résonance magnétique fonctionnelle, répondait de façon similaire à ceux de personnes en santé à des consignes telles qu'imaginer jouer au tennis ou explorer sa maison.
Les chercheurs ont par la suite étudié l'activité cérébrale de 54 personnes, dont 23 avaient un diagnostic d'état végétatif et 31 un diagnostic d'état minimal de conscience, en leur donnant les mêmes consignes.

Pour la plupart, les images cérébrales ne montraient pas de signe de conscience. Mais pour 5 personnes, incluant la femme identifiée en 2006, les réponses cérébrales étaient similaires à celles de personnes en santé. Quatre de ces 5 personnes avaient reçu un diagnostic d'état végétatif et une était considérée comme étant dans un état de conscience minimale. Trois montraient des signes de conscience lors de test standards intensifs, mais deux n'en montraient pas.

Ces personnes ne peuvent même pas cligner une paupière ou bouger un sourcil mais sont entièrement conscientes, dit Owen.

Les chercheurs ont ensuite vérifier s'ils pouvaient utiliser cette approche pour communiquer. L'équipe belge a demandé à un homme de 29 ans de penser au tennis pour répondre oui et d'imaginer faire le tour de sa maison pour répondre non. Il a ainsi répondu avec exactitude à toutes les questions portant sur sa vie telles que le nom de son père et s'il a des frères et des soeurs.

Ces travaux mèneront à de meilleures façons de diagnostiquer les lésions cérébrales et de traiter les personnes qui en sont atteintes, disent les chercheurs. Cette technologie ouvre la voie à une possible communication qui permettrait, à tout le moins, de leur demander si elles ont de la douleur et si elles ont besoin de soulagement. Cela permettrait aussi de leur demander si elles souhaitent mourir, dit Steven Laureys.

En novembre 2009, l'équipe de Laureys a révélé le cas du belge Rom Houben, considéré dans le coma depuis 23 ans.

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Psychomédia avec source: The Washington Post
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