Une certaine forme de psychopathie peut mener à une performance professionnelle supérieure, sans nuire aux autres ou à l'entreprise, selon une étude publiée dans la revue Personality and Individual Differences (PID).

Les gens qui ont cette personnalité paradoxale, disent les chercheurs, progressent souvent beaucoup plus dans les échelons de carrière, car ils sont prêts à prendre des risques, sont impitoyables et charmants en même temps.

Sur la base de la théorie des deux facteurs de la psychopathie du psychologue David Lykken (1995), Gerhard Blickle et Nora Schütte du département de psychologie de l'Université de Bonn (Allemagne) ont examiné comment l'impulsivité centrée sur soi-même et la dominance sans peur étaient liées à l'accomplissement (ou l'absence) des objectifs organisationnels.

Ils ont mené cette étude avec des employés allemands occupant un large éventail d'emplois qui ont répondu à divers questionnaires évaluant notamment leurs niveaux d'éducation et de psychopathie. Ensuite, deux collègues de chaque participant étaient questionnés sur leur performance au travail et leur comportement social. 161 relations entre employés et collègues ont ainsi été analysées.

« La forme toxique de la psychopathie est caractérisée par une impulsivité antisociale », explique Gerhard Blickle. « Ces gens ne peuvent pas se contrôler, ils prennent ce qu'ils aiment, agissent sans penser d'avance et mettent le blâme sur les autres. »

« La forme potentiellement bénigne a été appelée dominance sans peur », ajoute Nora Schütte. « Elle peut se développer de mauvaise façon, mais aussi pour de très bonne façon. Les gens ayant ces caractéristiques ne connaissent pas la peur, ont une confiance en soi marquée, ont de bonnes aptitudes sociales et sont extrêmement résistants au stress. »

La mauvaise ou bonne évolution était liée de façon importante à un facteur dans cette étude : le niveau d'éducation. Alors que les personnes dominantes ayant un faible niveau d'éducation affichaient des comportements pouvant nuire à l'entreprise, celles ayant un niveau supérieur d'éducation étaient évaluées par leurs collègues comme exceptionnellement capables et en aucune façon antisociales.

« Ces résultats confirment la théorie selon laquelle bien que la psychopathie puisse souvent conduire à un comportement antisocial, ce n'est pas toujours le cas », dit Blickle. « Les gens qui ont le trait de domination sans crainte, une intelligence supérieure à la moyenne et une carrière réussie résultant d'un niveau d'éducation élevé pourraient également devenir des héros désintéressés dans la vie quotidienne, comme les gestionnaires de crise ou les médecins d'urgence. »

L'importance du niveau d'éducation comme indicateur de la socialisation réussie était au centre de la présente étude. Dans une publication en 2016, les psychologues de l'Université de Bonn avaient constaté que des compétences sociales marquées rendaient aussi les personnes ayant des traits psychopathiques utiles et coopératives.

La psychopathie forme parfois, avec le narcissisme et le machiavélisme, ce qui a été appelé une triade noire de la personnalité.

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Psychomédia avec sources : University of Bonn, PID.
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