Des chercheurs ont découvert une explication au fait que le stress, un choc émotionnel, ou un effort excessif peuvent déclencher des crises cardiaques chez les personnes vulnérables. Leurs travaux sont publiés dans la revue mBio de l'American Society for Microbiology.

Les hormones libérées lors de ces événements semblent provoquer une dispersion des biofilms bactériens présents sur les parois artérielles, ce qui entraîne une rupture des dépôts de plaques et leur libération dans la circulation sanguine.

"Notre hypothèse est cohérente avec l'observation que les crises cardiaques et les accidents vasculaires cérébraux (AVC) se produisent souvent à la suite d'un événement où des niveaux élevés d'hormones catécholamines sont libérées dans le sang et les tissus, comme cela se produit lors d'un choc émotionnel ou un stress soudain, un effort soudain ou un surmenage", dit David Davies de l'Université de Binghamton, coauteur.

Avec ses collègues, il a isolé et étudié en laboratoire différentes espèces de bactéries prélevées dans l'artère carotide de personnes atteintes d'athérosclérose. Ce qui a permis de constater que plusieurs espèces constituent des biofilms dans les parois de l'artère.

Dans des conditions normales, ces biofilms seraient résistants aux traitements antibiotiques et aux processus du système immunitaire. Mais, sur réception d'un signal moléculaire, les biofilms se désagrègent.

Pour tester cette hypothèse, les chercheurs ont ajouté la noradrénaline, une hormone qui intervient dans la réponse au stress dite de fuite ou de combat ("fight or flight"), à des biofilms. Pour au moins une espèce de bactéries retrouvée dans l'artère carotide, les biofilms étaient détruits.

Parce que les biofilms sont étroitement liés aux plaques artérielles, leur dispersion pourrait provoquer la libération soudaine de plaque, déclenchant une crise cardiaque.

Cette étude suggère que les bactéries doivent être considérées comme faisant partie de la pathologie générale de l'athérosclérose et que la gestion des bactéries dans une lésion de plaque artérielle pourrait être aussi importante que la gestion du cholestérol, soulignent les chercheurs.

Psychomédia avec source: American Society for Microbiology
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