La revue Prescrire a actualisé, dans son numéro de février 2018, sa liste « des médicaments à écarter des soins et à remplacer par de meilleures options car leur balance bénéfices-risques est défavorable ».

Onze médicaments de cardiologie figurent dans cette liste de 90 médicaments jugés plus dangereux qu'utiles.

Pour ces médicaments, de meilleures options sont suggérées.

Les antihypertenseurs

Les hypocholestérolémiant (anticholestérol)

  • « Le bézafibrate (Befizal), le ciprofibrate (Lipanor ou autre) et le fénofibrate (Lipanthyl ou autre), des hypocholestérolémiants sans efficacité préventive cardiovasculaire, exposent à de nombreux effets indésirables, notamment cutanés, hématologiques et rénaux.

    Quand un fibrate est justifié, le gemfibrozil (Lipur) est le seul qui a une certaine efficacité démontrée sur les complications cardiovasculaires de l’hypercholestérolémie. Mais à condition de surveiller étroitement la fonction rénale et l’activité CPK sérique. »

Les antiarythmiques (fibrillation auriculaire)

  • « La dronédarone (Multaq), un antiarythmique proche de l’amiodarone (Cordarone ou autre), est moins efficace que l’amiodarone en termes de prévention des récidives de fibrillation auriculaire, avec au moins autant d’effets indésirables graves, notamment hépatiques, pulmonaires et cardiaques. L’amiodarone est un meilleur choix. »

  • « Le vernakalant (Brinavess), non commercialisé en France, un antiarythmique injectable utilisé dans la fibrillation auriculaire, est sans efficacité démontrée en termes de mortalité, ou de diminution des accidents thromboemboliques ou cardiovasculaires. Il expose entre autres à de nombreux troubles du rythme cardiaque. En cas de cardioversion médicamenteuse, il est plus prudent d’utiliser en premier choix l’amiodarone. »

Un inhibiteur du courant cardiaque IF

  • « L’ivabradine (Procoralan), un inhibiteur du courant cardiaque IF, expose à des troubles visuels et des troubles cardiovasculaires, notamment des infarctus du myocarde, des bradycardies parfois sévères et autres troubles du rythme cardiaque. Elle n’apporte pas de progrès dans l’angor ni dans l’insuffisance cardiaque.

    Dans l’angor, on dispose de traitements éprouvés et efficaces : des bêtabloquants, voire des inhibiteurs calciques tels que l’amlodipine (Amlor ou autre) ou le vérapamil (Isoptine ou autre). Dans l’insuffisance cardiaque, il existe de meilleurs choix : s’abstenir d’ajouter un médicament au traitement déjà optimisé, ou utiliser un bêtabloquant d’efficacité démontrée sur la mortalité. »

Un vasodilatateur

  • « Le nicorandil (Adancor ou autre), un vasodilatateur sans efficacité démontrée au-delà de l’effet symptomatique en prévention de la crise d’angor d’effort, expose à des ulcérations cutanéomuqueuses parfois graves. Un dérivé nitré est une meilleure option en prévention de la crise d’angor d’effort. »

Les anti-angoreux

  • « La ranolazine (Ranexa), non commercialisé en France, un anti-angoreux de mécanisme d’action mal connu, expose à des effets indésirables disproportionnés en regard de son effet minime en termes de diminution du nombre de crises d’angor : troubles digestifs et neuropsychiques, palpitations, bradycardies, hypotensions artérielles, allongements de l’intervalle QT de l’électrocardiogramme, œdèmes périphériques. »

  • « La trimétazidine (Vastarel ou autre), une substance aux propriétés incertaines utilisée dans l’angor sans efficacité démontrée au-delà d’un modeste effet symptomatique, notamment lors de tests d’effort, expose à des syndromes parkinsoniens, des hallucinations et des thrombopénies. Il est préférable de choisir des traitements mieux éprouvés dans l’angor : certains bêtabloquants, voire des inhibiteurs calciques tels que l’amlodipine ou le vérapamil. »

Liste 2018 de 90 médicaments plus dangereux qu'utiles selon Prescrire

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Psychomédia avec source : Prescrire.
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