Des chercheurs français ont découvert une nouvelle cible potentielle pour le traitement des douleurs du syndrome de l'intestin irritable. Ils ont montré chez l'animal que des canaux présents en grand nombre dans les membranes des neurones (cellules nerveuses) situés le long du côlon sont impliqués dans l'hypersensibilité colique.

Ces canaux pourraient constituer, dans un avenir proche, une cible pour le traitement des douleurs liées au syndrome de l'intestin irritable et, plus largement, aux douleurs viscérales, considèrent les auteurs dont les travaux sont publiés dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences.

Ce syndrome, indiquent-ils, est associé à d'autres syndromes ou symptômes : fibromyalgie, migraine, fatigue chronique, dépression, anxiété, phobie… Son traitement, par des constipants ou des laxatifs pour les troubles de motricité et par des antispasmodiques ou des antidépresseurs pour les douleurs, reste souvent d'efficacité limitée.

Les canaux calciques jouent un rôle important dans l'excitabilité des neurones en s'ouvrant lorsqu'un signal électrique les stimule. Ils ont déjà été mis en cause dans des douleurs cutanés, articulaires et musculaires.

Emmanuel Bourinet et ses collègues du CNRS, de l'Inserm et des universités de Montpellier et de Clermont Ferrand ont utilisé un modèle mimant le syndrome de l'intestin irritable chez l'animal et mesuré la sensibilité colique en fonction de l'activité de certains canaux calciques.

Lorsque l'activité de ces canaux est limitée soit par l'inhibition de leur synthèse soit en les bloquant à l'aide de substances pharmacologiques, la sensibilité diminue.

L'équipe de recherche tente aujourd'hui de mieux préciser le rôle de ces canaux dans la sensibilisation en utilisant des bloqueurs spécifiques qui pourraient, dans un avenir proche, représenter des alternatives de traitement.

Si la plupart des activités de l'organisme sont contrôlées par le cerveau, les fonctions digestives présentent la particularité d’être régulées par un système autonome : le système nerveux entérique. Véritable "2ème cerveau" composé de plus de 100 millions de neurones, il gère l’ensemble des fonctions motrices et sécrétrices du tube digestif, indiquait l'Inserm à l'occasion d'une étude précédente (portant sur la maladie de Parkinson).

CNRS, Inserm
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