Aspartame: les femmes enceintes doivent être alertées, disent des scientifiques

A l’occasion de la Journée mondiale de la prématurité, le Réseau Environnement Santé (RES), un regroupement de scientifiques et de médecins, a adressé un courrier au ministre de la santé, Xavier Bertrand, lui demandant d'alerter les femmes enceintes du risque accru d'accouchement prématuré lié à l'aspartame, un édulcorant se trouvant notamment dans les boissons light (diète).

Le 16 octobre 2011, écrit le RES, "vous avez affirmé à propos de l’aspartame : « s’il y avait un rapport qui disait clairement « cela représente un danger, il faut retirer », je n’hésiterais pas à le faire, mais ce n’est pas le cas ».

Or, il y a un an, rappelle une nouvelle fois le RES, une étude danoise réalisée auprès de 60 000 femmes enceintes montrait un taux plus élevé de naissances prématurées tardives (entre les 32e et 36e semaines d’aménorrhée), proportionnel à la consommation de boissons gazeuses avec édulcorants" (+ 27 % pour la consommation quotidienne d’une canette et + 78 % pour 4 canettes et plus quotidiennement).

"Vous avez déclaré, à propos de l’affaire du Mediator, que le doute devait désormais profiter au malade. Dans le cas présent, il nous semble que le doute devrait profiter au consommateur."

En France, précise une note accompagnant la lettre, un rapport de la DREES montre que la prématurité est passée de 5,9 % en 1995 à 7,4 % en 2010 toutes prématurités confondues. La "prématurité tardive a été pendant longtemps considérée comme ne posant pas de problème. Or de récentes études indiquent au contraire que les conséquences sanitaires peuvent être graves". (Voir les conséquences dans la note du RES)

Chez les enfants et les femmes en âge de procréer, la consommation quotidienne est estimée à 2,5 à 5 mg par kg de poids corporel alors que la dose journalière admissible (DJA) établie par l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) est de 40 mg/kg.

Le RES rappelle aussi sa demande que la DJA soit révisée afin d'être "définie scientifiquement et de façon transparente" car elle repose actuellement sur des études "non publiées dans la littérature scientifique et dont il est avéré qu’elles ont été menées dans des conditions qui auraient dû normalement conduire à les invalider" (1). L'EFSA a été invitée en mai 2011 par la Commission européenne à devancer la réévaluation complète de la sécurité de l'aspartame en 2012 (cette dernière était initialement prévue pour 2020).

Le RES mentionne aussi dans sa note que deux analyses de la littérature scientifique montrent que la consommation d'édulcorants favorise l'obésité et le diabète plutôt que de les prévenir (notamment en perturbant l'appétit, a documenté à quelques reprises Psychomédia).

Rappelons qu'un autre problème non négligeable avec les cannettes de soda est la présence du bisphénol A, un perturbateur endocrinien, dans leur revêtement intérieur. Les perturbateurs endocriniens peuvent être particulièrement nocifs pour le fœtus et les jeunes enfants, ce qui est la raison pour laquelle la présence du bisphénol dans les biberons a été particulièrement dénoncée et interdite.

Voyez également:

(1) Par ailleurs, l'ONG CEO (Corporate Europe Observatory), a déjà indiqué le RES, a mis en évidence que 11 experts sur les 20 membres du comité additifs de l'EFSA étaient en situation de conflit d'intérêts selon les recommandations de l'OCDE.

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