Les médecins ne disent pas toujours la vérité sur le pronostic

Les médecins ne respectent pas toujours les normes professionnelles de communication avec les patients, montre une étude publiée dans la revue Health Affairs. Eric G. Campbell et Lisa Iezzoni de l'Université Harvard ont fait parvenir des questionnaires à remplir anonymement à 3500 médecins. Environ 1900 ont répondu.

Une grande majorité de ces derniers était d'accord avec les principes que les patients devraient toujours recevoir des informations exactes et qu'ils devraient être pleinement informés des risques et des bénéfices des traitements proposés.

Un tiers toutefois n'était pas d'accord avec le principe que les patients devraient toujours être informés des erreurs médicales significatives et la même proportion n'était pas d'accord avec le principe que les patients devraient être informés des liens financiers des médecins avec les fabricants de médicaments ou de dispositifs qu'ils se font recommander.

En pratique, 55% admettaient avoir, au cours de la dernière année, donné un pronostic à un patient qu'ils savaient plus optimiste que la réalité, 20% admettaient ne pas avoir révélé une erreur médicale, 11% indiquaient avoir donné une information qu'ils savaient ne pas être exacte et 28% avoir divulgué une information concernant un patient à une personne non autorisée.

Les chercheurs encouragent les patients et leurs familles à poser des questions et à faire savoir clairement dans quelle mesure ils désirent des communications complètes et ouvertes. Ils devraient aussi se sentir en droit de s'informer des liens que leurs médecins peuvent avoir avec des compagnies pharmaceutiques ou des fabricants d'appareils médicaux, en particulier lorsque des nouveaux médicaments ou des nouvelles procédures sont recommandés; mais le plus souvent la problématique implique les informations concernant leur pronostic et d'autres aspects de leurs conditions de santé.

Ces résultats, notent les chercheurs, doivent sous-estimer la fréquence à laquelle les médecins ne parviennent pas à respecter les normes. Des études futures, recommandent-ils, devraient examiner les facteurs qui sous-tendent les attitudes et les comportements rapportés dans cette enquête.

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Psychomédia avec sources: Massachusetts General Hospital, Medscape. Tous droits réservés.