Les médecins ne meurent pas comme plusieurs: ils évitent les traitements excessifs

Les médecins, expose le Dr. Ken Murray de l'University of Southern California dans un article publié sur le site internet de la California HealthCare Foundation Zocalo, ne meurent pas comme plusieurs le font. Car ils évitent les soins futiles et excessifs qui détruisent toute qualité de vie et n'apportent que souffrance pour les derniers jours.

Il raconte comment des médecins et non médecins qui, se sachant atteints d'une maladie très probablement terminale, ont choisi d'éviter certains soins et ont connu une bien meilleure fin de vie que ce qui se passe souvent dans les hôpitaux et dont il a été témoin comme médecin.

"Les médecins connaissent assez la médecine moderne pour connaître ses limites, dit-il. "Ils en ont parlé à leurs familles. Ils veulent être sûrs, quand le temps viendra, qu'il n'y aura pas de mesures héroïques qui vont se produire, qu'ils ne feront pas l'expérience, durant leurs derniers moments sur terre, de quelqu'un en train de leur briser les côtes dans une tentative de les ressusciter avec une réanimation cardio-respiratoire."

Des soins futiles, c'est ce qui arrive, par exemple, "quand une personne grièvement malade, près de la fin de sa vie, se fait ouvrir, perforer avec des tubes, accrocher à des machines et assaillir de médicaments. Tout cela se produit dans les unités de soins intensifs à un prix de dizaines de milliers de dollars par jour qui achète une misère que nous n'infligerions pas à un terroriste".

Il présente son analyse de comment les malades et leurs familles (ne pouvant faire face à la mort, ignorant des implications des choix, ne pouvant distinguer les traitements raisonnables et déraisonnables), les médecins (répondant aux pressions des familles, craignant les poursuites) et le système (payant des traitements futiles et non pertinents) contribuent à ce que les gens subissent ces soins.

"Les médecins évitent les traitements excessifs car ils en voient les conséquences tous les jours", dit-il. "Presque tout le monde peut trouver une façon de mourir en paix à la maison, et la douleur peut être gérée mieux que jamais. Les soins en hospice, qui visent à fournir aux personnes atteintes d'une maladie terminale un confort et la dignité plutôt que les traitements futiles, apportent de bien meilleurs derniers jours. De façon étonnante, des études ont montré que les gens placés dans ces centres de soin vivent souvent plus longtemps que ceux, avec la même maladie, qui recherchent des traitements actifs."

Voyez également:

Lire l'article How Doctors Die. It’s Not Like the Rest of Us, But It Should Be, signé Ken Murray, sur le site de la California HealthCare Foundation Zocalo.

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Commentaires

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mon commentaire

Je suis d`accord a 200% sur cet article et j`y crois fermement que cela se produit dans un tres grand nombre de fois......Pouquoi souffrir en subissant des traitements, des examens a tubes, des essais de traitements pour finalement arriver a la meme fin......
Je ne suis pas dans le milieu medical et j`ai toujours eu cette meme pensee et vision pour ma fin de vie....
Merci.
Doris.

D'accord

Je suis d'accord avec vous Doris. Mon frère en 2001 ne voulait pas finir branché et il n'a pas fini branché, on l'a gardé à la maison car dans cette option c'est le seul choix. Ce dont je suis sure il est parti dignement accompagné de tous ceux qu'il aimait et on a pu faire avec lui ce que l'on voulait. Certes, aux derniers instants, on a eu peur d'avoir respecté son choix car la question s'est posée : et-ce qu'il n'aurait pas pu être sauvé ? Mais on sait que non car c'était la fin mais une fin chez nous et comme il la souhaitait. Merci à vous tous et aux médecins d'être le plus sincères possibles avec l'entourage des patients. Jocelyne