Près d'un tiers des épices et des herbes vendues au Canada ne sont pas conformes à la liste des ingrédients figurant sur les étiquettes, selon des tests réalisés par l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA).

L'agence a indiqué dans son rapport annuel, avoir renforcé son inspection des épices, rapporte Radio-Canada.

Au cours de l'exercice 2016-2017, elle a effectué 925 tests sur 304 échantillons, comparativement à 16 tests sur 4 échantillons au cours de l'exercice 2013-2014.

L'adultération des fines herbes et des épices est bien connue des professionnels du domaine, rapporte La Presse. « On peut mettre n'importe quoi dans de la poudre », lance Philippe de Vienne propriétaire d'Épices de cru. « Nous vendons des épices entières pour cette raison », dit-il. « Et les épices entières conservent leur parfum plus longtemps. »

« On peut assez facilement reconnaître le vrai du faux, par le goût et l'odorat », souligne-t-il. « Si vous avez du vrai origan sur votre côtelette d'agneau, vous allez le savoir. » La qualité de l'herbe se calcule au pourcentage d'huile qu'elle contient, a-t-il expliqué à La Presse. Différentes variétés ont différents pourcentages d'huiles, mais un produit coupé en contiendra toujours beaucoup moins.

« Les commerçants qui coupent leurs épices avec de la farine, de la craie, du bran de scie ou de la poudre de brique doivent ensuite s'assurer que le produit a une couleur vive, ce qui plaît particulièrement aux acheteurs, qui le voient comme un gage de qualité », souligne La Presse.

Le hic, c'est que certains colorants sont cancérigènes, indique Maxim Maheux, chercheur en chimie analytique au centre TransBIOTech, à Lévis. L'un d'eux est le sudan, qui est désormais banni pour l'utilisation alimentaire. L'ACIA en a trouvé en 2004 dans du harissa qui venait de France, dans de la poudre de cari britannique l'année suivante et dans de l'huile de palme en 2017.

Les risques d'allergie sont aussi un autre problème suscité par divers ajout dans les épices.

Une étude publiée en 2016 par l'Université de Belfast a estimé que 24 % de l'origan vendu au Royaume-Uni avait été falsifié. On y trouvait le plus souvent des feuilles d'olivier ou de myrte. Les taux d'adultération oscillaient de 30 à 70 %. Ce qui veut dire que certains pots d'origan contenaient moins d'origan que d'autres herbes...

Pour plus d'informations sur les produits alimentaires non contrôlés, voyez les liens plus bas.

Psychomédia avec sources : Radio-Canada International, La Presse.
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