Un million de doses d'un vaccin candidat contre la COVID-19 développé par des scientifiques de l'Université Oxford (Royaume-Uni) sont déjà en cours de production, avant même les résultats des essais cliniques, a indiqué l'équipe de chercheurs le 17 avril.

Il est prévu que les doses soient disponibles d'ici septembre.

Le vaccin, nommé « ChAdOx1 nCoV-19 » (pour « chimpanzee adenovirus vaccine vector »), est un type connu de vaccin dit à vecteur viral recombinant.

Les scientifiques d'Oxford ont annoncé le 17 avril qu'ils recrutaient des volontaires pour les essais préliminaires, ceux dits de phase 1, de leur vaccin chez l'humain.

La mise en place d'une capacité de production à grande échelle représente un risque, soulignent les chercheurs relayés par Reuters, les doses produites risquant d'être inutiles si les essais ne montrent pas d'efficacité.

« Nous avons pris le risque de commencer à produire ce vaccin, non pas à petite échelle... mais avec un réseau de fabricants dans sept endroits dans le monde », a précisé Adrian Hill, professeur et directeur de l'Institut Jenner de l'Université d'Oxford.

Trois des partenaires de fabrication se trouvent en Grande-Bretagne, deux en Europe, un en Inde et un en Chine. Les coûts de fabrication initiaux sont de « dizaines de millions » de livres sterling. Les chercheurs n'ont pas donné de détails sur leur financement.

L'équipe de recherche prévoit commencer les essais de sécurité (phase 1) puis les essais d'efficacité chez les personnes âgées de 18 à 55 ans dans les semaines à venir. Elle prévoit étendre ensuite l'essai à des groupes plus âgés et espère mener un essai de phase finale (phase 3) avec environ 5 000 volontaires à la fin de l'été.

M. Hill et ses collègues, dont Sarah Gilbert, professeure de vaccinologie à Oxford, disent avoir « un degré élevé de confiance » que les essais donneront des résultats positifs de protection contre l'infection par la COVID-19.

Interrogé sur la date à laquelle le vaccin, s'il s'avère efficace, pourrait être mis à la disposition du public, M. Hill a répondu que le meilleur scénario serait que les autorités réglementaires lui accordent une « autorisation d'utilisation d'urgence », ce qui pourrait être réalisé dans les six semaines suivant le moment où les données montrent son efficacité. Cela, a-t-il dit, pourrait signifier environ six semaines à partir de septembre.

Le vaccin ChAdOx1, explique un communiqué des chercheurs, a été choisi comme étant la technologie la plus appropriée contre le SRAS-CoV-2 car il peut générer une forte réponse immunitaire à partir d'une seule dose et il s'agit d'un virus qui ne se réplique pas, donc il ne peut pas causer une infection continue chez la personne vaccinée.

Il est donc sûr de l'administrer aux enfants, aux personnes âgées et à toute personne souffrant d'une maladie préexistante comme le diabète. Les vecteurs adénoviraux du chimpanzé sont un type de vaccin très bien étudié et sécure qui a été utilisé chez des milliers de participants, âgés de 1 semaine à 90 ans, dans des vaccins ciblant plus de 10 maladies différentes, précise le communiqué.

Les coronavirus ont une protéine en forme de pic sur leur membrane extérieure. Les réponses immunitaires d'autres études sur les coronavirus suggèrent que ceux-ci constituent une bonne cible pour un vaccin. Le vaccin d'Oxford contient la séquence génétique de cette protéine. Après la vaccination, la protéine de surface du coronavirus est reproduite, ce qui incite le système immunitaire à attaquer le coronavirus s'il infecte l'organisme par la suite. Le professeur Gilbert et son équipe ont déjà développé un vaccin contre une autre maladie à coronavirus, le syndrome respiratoire du Moyen-Orient (SRM), qui s'est révélé prometteur lors de premiers essais cliniques.

« S'il s'avère efficace, un vaccin sûr contre le coronavirus pourrait constituer une stratégie de sortie de la pandémie et sauver des vies », conclut le communiqué des chercheurs. (Des périodes de distanciation nécessaires jusqu’en 2022, prévoient des chercheurs de Harvard)

Au moins 70 vaccins candidats potentiels contre la COVID-19 sont en cours de développement par des équipes de biotechnologie et de recherche dans le monde, rapporte Reuters. Au moins cinq d'entre eux sont en cours de tests préliminaires avec des volontaires.

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Psychomédia avec sources : Reuters, University of Oxford, University of Oxford.
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