Plus du tiers des Québécois de 65 ans et plus prennent au moins une dizaine de médicaments d’ordonnance dans une année, selon les données de l’Institut national de santé publique (INSPQ), rapporte le journaliste Alexis Riopel dans Le Devoir.

En CHSLD, les résidents se voient prescrire 14 médicaments en moyenne, dont 11 à prendre chaque jour.

Souvent, certains médicaments n’apportent aucun bénéfice, mais causent des effets indésirables. « Il n’est pas rare que ces médicaments demeurent néanmoins sur la liste d’ordonnances des patients, car les professionnels de la santé manquent de temps et de ressources pour y faire le ménage. »

Déprescription

Des chercheurs de l'Université McGill développent un logiciel d'« aide à la décision » pour faciliter la déprescription. Il indique aux professionnels de la santé quels médicaments, parmi ceux prescrits à un patient, pourraient être retirés sans danger pour sa santé.

« L’algorithme, nommé MedSécure, classe les médicaments en ordre de priorité, en commençant par ceux qui ont les meilleures chances d’être inutiles. Il évalue les interactions médicamenteuses pour repérer une combinaison dangereuse. Il estime aussi si, en fonction du dossier médical du patient, un produit est contre-indiqué. »

Medsecure, un outil pour aider à réduire les médicaments chez les aînés

En janvier 2022, une équipe pancanadienne de chercheurs a publié, dans le Journal of the American Medical Association (JAMA) Internal Medicine les résultats d’une étude qui avait pour but de vérifier l’efficacité du logiciel.

Près de 6000 patients de 65 ans et plus ont été recrutés dans 11 hôpitaux au Canada. Au moment de leur hospitalisation, ils prenaient au moins cinq médicaments par jour.

Avant d’obtenir son congé, la moitié du groupe a vu son dossier pharmaceutique analysé par un médecin guidant sa décision grâce à MedSécure. L'autre moitié recevait les soins habituels, c’est-à-dire une évaluation de dossier sans l’algorithme.

Dans le groupe ayant bénéficié de MedSécure, 55 % ont vu au moins l’un de leurs médicaments être déprescrit comparativement à 30 % dans le groupe témoin.

Trente jours après le congé de l’hôpital, la même proportion de patients dans les deux groupes (5 %) avait souffert d’un « événement médicamenteux indésirable ».

Il faudrait aller voir 6 mois, 12 mois, 18 mois après la déprescription. C’est là où un effet de réduction sur les hospitalisations liées à la médication serait observable, estime Émilie Bortolussi-Courval, coauteure.

Dans les CHSLD

Dans le cadre de son doctorat, Mme Bortolussi-Courval a la mission de réaliser une étude semblable dans les CHSLD du Québec. La tâche s’annonce toutefois difficile, notamment parce que les dossiers des patients sont rarement numérisés.

Habituellement, ce sont les pharmaciens qui font le « débroussaillage » dans les prescriptions des résidents. Or, explique Sophie Zhang, coprésidente de la Communauté de pratique des médecins en CHSLD, on manque de pharmaciens dans les CHSLD. Les médecins, en faible nombre et également débordés, manquent également de temps pour analyser en détail les ordonnances des résidents.

Pour plus d'informations sur les médicaments chez les personnes âgées, voyez les liens plus bas.

Psychomédia avec sources : Le Devoir, JAMA Internal Medicine, INSPQ.
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